FacebookTwitter

Jeudi 13 août

Dernier lever du soleil pour nous sur Etosha. Après démonté et plié notre tente, nous refaisons une dernière fois la Dik dik drive sans plus de succès que les matins précédents. Il semble que nous ayons épuisé notre quota chance ici ! Il est temps de partir à la découverte de nouveaux paysages et de nouvelles ambiances namibiennes. Vers 8 heures nous sommes à la gate de sortie. Un peu de paperasse et avant de quitter définitivement le parc, une ranger nous demande si nous avons une place dans la voiture pour un gamin. Pas de problème, nous voila donc en route vers Tsumeb en compagnie de Jordan âgé de 12 ans. La route est goudronnée et se fait facilement. Durant les premiers kilomètres, on sent encore l’influence du parc avec des Phacochères qui gambadent sur le bord de la route et un aigle martial au sommet de son arbre.

Aigle martial à la sortie du parc d'Etosha
Aigle martial à la sortie du parc d’Etosha

Mais au fil des kilomètres, les espèces sauvages disparaissent alors qu’apparaissent les premiers champs cultivés que nous croisons dans le pays. Nous déposons Jordan  à l’entrée de la ville sans avoir bien compris s’il devait se rendre à l’école ou rendre visite à de la famille. Puisque nous y sommes, nous prenons le temps de faire des courses au Spar du coin avant de se lancer dans les 300 km pour rejoindre notre ville étape de ce soir.

Cette remontée vers le nord du pays s’accompagne d’une évolution des paysages. Nous avons quitté les zones rases d’Etosha  pour à présent, une sorte de maquis arbustif dense. Sur des dizaines de km, nous suivons les clôtures de grandes propriétés où paissent des troupeaux de vaches. Peu d’oiseaux jusqu’à ce que nous tombions sur une petite oasis où sur quelques centaines de mètres, nous croisons un Calao de Bradfield, un Eurocéphale à couronne blanche ainsi qu’un couple de Petit épervier.

Calao de Bradfield, Namibie
Calao de Bradfield, Namibie

Une nouvelle clôture vétérinaire s’élève devant nous. Nettoyage des roues  et des chaussures et nous découvrons une nouvelle Namibie. Des petits villages constitués de cases en bois et en terre, s’étirent sans discontinuer tout au long de la route. Des enfants, des femmes, des hommes, des vieux …, des vendeurs de fruits et de légumes, de statuettes, de sculptures en bois, toute une vie. Nous avons enfin trouvé les habitants de la Namibie.

Bande de Caprivi
Bande de Caprivi

Si jusqu’à présent, les vastes étendues désertiques que nous avons traversées avaient des densités d’habitants très faibles, ce n’est plus le cas maintenant. Il devient même difficile de trouver un endroit sans une case ! Un espace aménagé pour le pique nique à 200 m de toute habitation, c’est parfait, on s’arrête. Pendant que nous mangeons, nous sommes dérangés par un pic qui tambourine dans l’arbre mort voisin. Rapide contrôle, il s’agit d’un Pic cardinal.

Pic cardinal
Pic cardinal

Chemin faisant, nous arrivons à Rundu, tout au nord de la Namibie, ville qui sera notre escale pour cette nuit.

Après quelques errements, nous finissons par trouver le spot ornitho de la ville, les bassins de la station d’épuration près de l’université.

Rundu
Rundu

Le niveau d’eau n’est pas très haut mais suffisamment pour trouver  des Grèbes castagneux et des canards telles les Sarcelles hottentotes.

Sarcelle hottentote, Rundu
Sarcelle hottentote, Rundu

Sur les zones de vasières, des limicoles s’alimentent et nous sommes surpris de croiser des Chevaliers combattants déjà de retour des terres scandinaves. Un cordon de végétation palustre ceinture une partie des bassins et offre un havre de quiétude pour des passereaux paludicoles. Dans les buissons autour des points d’eau, se rassemblent des Guêpiers nains et des Tourterelles à collier et maillées.

Tourterelles maillées, Rundu
Tourterelles maillées, Rundu

Nous passons plus d’une heure trente sur le site, accompagnés de quelques gamins, qui, un lance-pierres dans la main, découvrent à travers la longue-vue, les oiseaux de leur marais.

Vers 16h30, nous quittons le site et rejoignons le Sarasungu river Lodge, un camping que nous avions repéré depuis la France, car bon marché (85 dollars namibiens par pers soit 5,5 euros) et situé sur les rives du mythique fleuve Okavango. Le cadre est excellent, nous avons le choix de l’emplacement car le camping est quasiment vide. Nous choisissons la vue sur le fleuve et l’Angola. Une fois la tente montée, nous rejoignons le rivage pour profiter de la quiétude de cette soirée et du retour vers le dortoir des oiseaux.

Rundu
Rundu

Cette petite séance d’observation amène son lot de nouvelles espèces. Hérons crabiers, Bec-ouverts, Aigrettes ardoisées, Hirondelles paludicoles et le clou du spectacle viendra juste après que le soleil ait disparu derrière l’horizon avec une observation inattendue d’un Hibou du cap en chasse au dessus de la roselière, à moins de 15 m de nous. Les Cratéropes qui se sont réfugiés pour la nuit dans les roseaux voisins alarment, le hibou fait demi-tour et s’éloigne en reprenant sa chasse.  Quelle excellente rencontre ! C’est une espèce sur laquelle nous n’aurions pas misé un euro !

Rundu
Rundu
Rundu
Rundu
Rundu
Rundu
Rundu
Rundu

Le repas de ce soir est constitué d’une soupe et d’une pizza et, tandis que l’on envoie quelques mails, un Engoulevent musicien se met à chanter.

Vendredi 14 août

Coucal du Sénégal, Rundu
Coucal du Sénégal, Rundu

Alors que le soleil n’est pas encore levé, de l’autre côté du fleuve Okavango s’élève le chant d’un coq angolais, puis celui d’un deuxième avant d’avoir droit à un mini concert par tout un poulailler.  Nous apprécions ce réveil champêtre, bien plus agréable à nos oreilles que le tintamarre des casseroles. Les oiseaux de jardin prennent le relais suivis quelques  minutes plus tard par les premiers ardéidés descendant le fleuve d’un vol nonchalant. Les Drongos et les Touracos concolores rivalisent de chants tandis qu’un Merle Kurrichane quadrille la pelouse du camping à la recherche de la moindre miette de notre petit déjeuner. Nous repartons sur le même spot ornitho qu’hier soir, les bassins de la station d’épuration afin d’approfondir aux bonnes heures la recherche des espèces présentes sur le site. Sur le papier, des espèces relativement localisées dans le sud de l’Afrique sont ici contactées assez régulièrement. Nous tentons notre chance en déambulant entre les détritus qui parsèment le site … Premier constat, les oiseaux sont assez farouches ! il faut dire que les locaux leur mènent la vie dure. Des bandes de gamins errent sur les rives, un lance-pierre à la main à la recherche de tout ce qui pourrait finir dans leur estomac. Alors que nous observons les oiseaux, deux chiens surgissent devant nous, pas moyen d’être tranquille. Ils ne sont pas seuls, leur maître les accompagne et lui relève ses pièges. Il ressort avec un foulque pris au collet. Nous nous éloignons pour trouver un peu de quiétude. Depuis les fils électriques, des Guêpiers nains  se livrent à une partie de chasse. Sur les vasières, comme la veille, des limicoles vont et viennent. Des Chevaliers sylvains, Guignettes et Combattants … s’il n’y avait pas les Pluviers à triple bande, on se croirait dans une quelconque roselière chez nous ! De la roselière derrière nous s’élève un chant fluté se terminant par les cris typiques de rousserolle. Il s’agit de la Rousserolle à bec fin. Il faudra patienter de longues minutes pour l’entre-apercevoir derrière un mur de roseaux tandis qu’une Talève africaine s’enfuit à ses pieds. Des trois espèces remarquables du site, nous n’en verrons aucune. Ni la Talève d’Allen, ni le Petit Jacana pas plus que la Petite Poule d’eau. Nous sommes par contre gâtés côté hirondelles avec pas moins de 4 espèces, la striée, la paludicole, à long brins et à gorge perlée !

Tourterelle à collier, Rundu
Tourterelle à collier, Rundu
Râle à bec jaune, Rundu
Râle à bec jaune, Rundu

Vers 9 heures, l’activité se calme, nous avons bien fait le tour des oiseaux présents, il est temps de  quitter Rundu et de poursuivre notre voyage vers l’est et d’entrer dans la Bande de Caprivi… A suivre

Espèces observées sur Rundu : Sarcelle hottentote (Hottentot Teal) 5, Grèbe castagneux (Little Grebe) 15, Anhinga d’Afrique (African Darter) 1, Héron cendré (Gray Heron) 1, Grande Aigrette (Great Egret) 1, Aigrette garzette (Little Egret) 1, Héron garde-boeufs (Cattle Egret) 6, Crabier chevelu (Squacco Heron) 3, Héron strié (Striated Heron) 1, Bihoreau gris (Black-crowned Night-Heron) 12, Râle à bec jaune (Black Crake) 1, Talève africaine (african Purple Swamphen) 2, Poule d’eau 20 (Eurasian Moorhen), Foulque à crête (Red-knobbed Coot) 2, Échasse blanche (Black-winged Stilt) 3, Gravelot à triple collier (Three-banded Plover) 20, Jacana africain (African Jacana) 1, Chavalier guignette (Common Sandpiper) 1, Chevalier aboyeur (Common Greenshank) 3, Chevalier sylvain (Wood Sandpiper) 8, Combattant varié (Ruff) 6, Bécasseau cocorli (Curlew Sandpiper) 1, Tourterelle à collier (Red-eyed Dove), Coliou kiriva (Red-faced Mousebird) 2, Alcyon pie (Pied Kingfisher) 1, Guêpier nain (Little Bee-eater) 2, 2 Gonolek à ventre blanc (Gabon Boubou) 1, Corvinelle pie (Magpie Shrike) 2, Hirondelle paludicole (Plain Martin) 2, Hirondelle à longs brins (Wire-tailed Swallow) 2, Hirondelle à gorge perlée (Pearl-breasted Swallow) 5, Hirondelle striée (Lesser Striped-Swallow) 3, Rousserolle à bec fin (Lesser Swamp-Warbler) 8, Souimanga marico (Mariquo Sunbird) 6, Astrild ondulé (Common Waxbill) 3, Astrild à moustaches (Black-faced Waxbill) 1, Amarante du Sénégal (Red-billed Firefinch) 10, Tourterelle maillée.

Espèces observées au camping de Rundu : Bec-ouvert (African Openbill) 1, Cormoran africain (Long-tailed Cormorant) 2, Ombrette (Hamerkop) 1, Aigrette garzette (Little Egret) 2, Aigrette ardoisée (Black Heron) 1, Héron garde-boeufs (Cattle Egret) 1, Crabier chevelu (Squacco Heron) 4, Tourterelle à collier (Red-eyed Dove), Coucal du Sénégal (Senegal Coucal), Hibou du Cap (Marsh Owl) 1, Engoulevent musicien (Fiery-necked Nightjar) 2, Martinet des palmes (African Palm-Swift), Alcyon pie (Pied Kingfisher) 3, Guêpier nain (Little Bee-eater) 4, Gonolek à ventre blanc (Gabon Boubou) 1, Hirondelle paludicole (Plain Martin) 2, Bulbul à cape noire 1, Merle Kurrichane (Kurrichane Thrush) 2, Coucal des papyrus (Coppery-tailed Coucal).

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *