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Vendredi 25 décembre

C’est parti pour plus de 300 km de routes en direction de Koalack. Si à l’aller nous avions emprunté la N2, la route principale passant par Thiès, sur le retour, nous allons l’éviter et passer par l’intérieur du pays. Vers Thiès, et l’approche de Dakar, la circulation se fait plus dense notamment en poids lourds ce qui fait grandement réduire la vitesse et perdre beaucoup de temps. A Louga, nous faisons le plein d’essence puis obliquons vers l’est en direction de Dahra. Les Vautours recommencent à faire leur apparition dans le ciel alors que nous traversons des paysages marqués par le pâturage. Il doit y avoir davantage de charognes ici que dans les étendues sauvages du Djoudj. D’ailleurs, un animal écrasé au milieu de la route nous incite à faire demi-tour pour vérifier l’espèce.

Nous pensons à un lièvre mais non, c’est un renard. De très petite taille au pelage clair, c’est un Renard pâle. Essentiellement crépusculaire et nocturne, ce petit canidé n’est pas aisé à observer en pleine journée. La route sur laquelle nous sommes n’est pas particulièrement fréquentée en pleine journée mais les voitures que l’on croise roulent dans l’ensemble assez vite. La nuit, le passage de véhicules doit être encore moindre, pas de chance donc pour ce renard qui n’a pu éviter la collision. A Ourak, nous prenons à droite direction Touba. A peine le temps d’accélérer en sortie du village que nous repérons de nombreux vautours dans le ciel et d’autres beaucoup plus bas sur notre droite. Ils cerclent au dessus du champ voisin et s’approche de la route. Nous nous mettons sur le bas côté et profitons du spectacle des vautours survolant la voiture à seulement quelques mètres. De l’africain, du charognard, du Rüppell et toujours aussi impressionnant, l’oricou.

Vautour oricou près de Touba
Vautour oricou près de Touba

Vautours fauve, oricou et africain près de Touba
Vautours fauve, oricou et africain près de Touba

Deux adultes longent l’asphalte et vont se poser à quelques centaines de mètres sur une curée. Des Vautours africains les rejoignent tandis que d’autres quittent l’attroupement. Nous approchons en douceur mais visiblement ce n’est pas nécessaire d’être aussi précautionneux car au passage d’une carriole, les vautours n’esquissent qu’un léger recul avant de se jeter à nouveau sur ce qu’il reste de cette jeune chèvre. Les oricous sont dominants sur la curée. A grand renfort de postures d’intimidation ils le font comprendre. Corps vouté, ailes écartées, une démarche avec des pas bien appuyés, le message est clair. Mais pour ceux qui ne comprennent pas la signification de ces postures, un bon coup de bec remet les pendules à l’heure.

Vautour oricou près de Touba
Vautour oricou près de Touba
Vautour oricou près de Touba
Vautour oricou près de Touba
Vautours fauve, oricou et africain près de Touba
Vautours fauve, oricou et africain près de Touba

Un à un les vautours quittent la place,  seul reste un petit groupe où nous reconnaissons un vautour fauve. C’est connu maintenant, une partie des  jeunes Vautours fauves espagnols traversent le détroit de Gibraltar en octobre-novembre avec un passage annuel estimée à environ 5 000 individus (3 000 au pic de passage le 28 octobre 2015 ; info birding the strait). Ces vautours se répartissent jusque dans les zones désertiques du Sahara et d’autres les traversent pour rejoindre le Sahel où ils côtoient les espèces africaines. Nous noterons deux fauves dans cette curée. Les deniers vautours prennent leur envol, seul reste un charognard qui tente de récupérer les ultimes et minuscules morceaux de chair encore accrochés à la peau qui gît dans la poussière. Équarrissage efficace garanti !

Vautours charognard près de Touba
Vautours charognard près de Touba
Vautour africain près de Touba
Vautour africain près de Touba

Vautours charognard et africains près de Touba

Vers 13h, nous faisons un stop pour le repas. Il fait chaud, pas vraiment d’ombre accessible en bordure de la route, nous devons nous contenter de manger en plein soleil. Après le repas, petit tour dans les environs histoire de prendre un peu le pouls de cette brousse. Bonne idée car des petites surprises nous attendent. Dans les herbes hautes, un oiseau au corps noir luisant, à longue queue tenue à la verticale et à l’extrémité des rectrices blanches cherche sa pitance au sol. A bien y regarder, ils sont deux, c’est un couple d’Agrobate podobé. Une espèce que nous espérions voir car le seul endroit où l’espèce s’observe occasionnellement dans le paléarctique est la ville d’Eilat en Israël lors de la migration prénuptiale … Nos deux oiseaux fuient le soleil et restent à l’ombre des quelques arbres, pas moyen de faire une jolie photo.

Agrobate podobé, route pour Kaolack
Agrobate podobé, route pour Kaolack
Agrobate podobé, route pour Kaolack
Agrobate podobé, route pour Kaolack
Agrobate podobé, route pour Kaolack
Agrobate podobé, route pour Kaolack

Des bribes d’un chant familier s’élèvent de l’arbre voisin. Un temps d’adaptation et nous pensons à la Fauvette orphée. Pour assurer notre détermination, nous faisons un petit affût et attendons de la voir se déplacer dans le feuillage. Heureusement pour nous, elle se montrera rapidement nous évitant une insolation !

Agame-des-colons-route pour Kaolack
Agame des colons, route pour Kaolack, Sénégal
route-kaolak (3)
Paysages de brousse entre Touba et Kaolack

Nous traversons la ville de Touba, ville sainte pour les sénégalais, centre sacré de la confrérie soufie, où vécu et travailla leur chef spirituel, Cheikh Amadou Bamba. Lors du Grand Magal, qui a lieu 48 jours après le nouvel an islamique, Dakar se vide et tous les bus convergent vers la ville sainte. Ce pèlerinage, où l’on célèbre le retour d’exil de Bamba en 1907, est devenu la manifestation la plus importante au Sénégal.

A l’approche de la ville de Kaolack, nous nous perdons dans une série de petites routes slalomant entre de majestueux Baobabs. On ne va pas se plaindre, la campagne est ici très jolie. Cerise sur le gâteau, sur l’un des Baobab, des Vautours africains ont installé leurs aires. Certains couvent tandis que d’autres dorment sur les branches voisines. La saison de reproduction est plus précoce qu’en Europe et certainement qu’elle s’étale sur une longue période de l’année.

Baobabs sur la route pour Kaolack
Baobabs sur la route pour Kaolack
Baobabs sur la route pour Kaolack
Baobabs sur la route pour Kaolack
Baobabs sur la route pour Kaolack
Baobabs sur la route pour Kaolack
Espèces d'oiseaux observés sur la route de Saint-Louis à Kaolack

Nous finissons par arriver à Kaolack qui nous a été vendue par les sénégalais du nord comme une ville où il n’y a que de la poussière et des moustiques… pas très engageant !   Nous avons-nous un objectif bien précis. Pour cela il nous faut traverser la ville, son marché, longer la zone des salins pour atteindre notre poste d’observation. Le passage crépusculaire des Faucons crécerellettes à déjà commencé. En un mouvement quasi continu, les oiseaux se suivent espacés d’une centaine de mètre sur un large front. Après une journée de chasse dans la brousse environnante, les oiseaux rejoignent le dortoir situé sur une ile du fleuve Saloum. Grégaire, le crécerellette recherche la sécurité du nombre pour passer la nuit. En un peu moins d’une heure, nous dénombrons 418 individus. Un beau chiffre, c’est la première fois que nous en voyons autant. Toutefois, la lumière est trop faible et les oiseaux passent trop haut pour pouvoir faire des photos. Les faucons ne sont pas les seuls à rejoindre les dortoirs, les Hérons gardeboeufs aussi se pressent par vols de plusieurs centaines, en longue file indienne s’étirant dans les dernières lueurs orange du soleil couchant. Derrière nous, au milieu d’une grande zone limoneuse dénudée, 5 Cigognes noires se rassemblent et s’apprêtent à y passer la nuit. Au loin, deux Hérons mélanocéphales poursuivent leur route en suivant les méandres du fleuve, ce sera notre seule observation de cette espèce du voyage. Un Chevalier culblanc s’envole en poussant une série de cris, c’est le signal,  il est temps de rejoindre notre hôtel en ville.

Hérons garde-boeufs, Kaolak
Hérons garde-boeufs, Kaolack
Espèces d'oiseaux observés à Kaolack

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2 Replies to “Sénégal – En route vers Kaolack”

  1. Super… je ne connais pas ce coin d’Afrique mais ça donne envie d’aller y faire un tour !
    Les photos avec les 3 espèces de vautours sont vraiment classes ! Les vautours, les grèbes… quelles seront les 3 autres espèces de la même famille sur une même photo ? 🙂

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