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Mercredi 30 décembre 2015

Depuis notre arrivée au camp de la Palangrotte, il y a maintenant trois jours, nous avons droit tous les matins à un réveil musical. Œdicnèmes du Sénégal, Vanneaux éperonnés et cerise sur le gâteau le chant d’un Engoulevent à longue queue qui a trouvé dans l’arbre juste au dessus de notre case, un perchoir parfait. Que ce soit le matin ou le soir, il vient s’y poser, chante quelques minutes, se fait houspiller par un voisin qu’il se met à poursuivre. Nous prenons quelques minutes ce matin pour l’enregistrer alors que le village se réveille.

La balade en pirogue de la veille nous a fait découvrir le village de Djiffer et surtout son potentiel ornithologique. Les Sternes royales que nous avons observées à contre-jour ne nous ont pas laissés indifférents. Nous avons eu la chance d’en observer une sur les salins d’Hyères au mois de juin 2014 ce qui constituait seulement la deuxième mention française pour cette espèce. Nos observations furent alors lointaines et un peu frustrantes. Aujourd’hui, c’est nous qui avons fait le déplacement et nous sommes sur ses terres. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette espèce, d’observer son comportement, ses habitudes, les détails de son plumage … et si au passage on peut faire quelques photos, nous ne sommes pas contre !

Pour rejoindre Djiffer, il faut emprunter des pistes parfaitement carrossables, seule une petite portion goudronnée se trouve au nord de Ndangane, tout le reste ce n’est que plaisir de pourvoir rouler à l’allure que l’on souhaite afin de découvrir les paysages et les oiseaux. En traversant une belle forêt de majestueux Palmiers rôniers, nous prenons le temps d’écouter les chants des oiseaux. Ils sont bien actifs ce matin. Les Youyous du Sénégal et les Guêpiers de Perse sont les deux espèces que nous identifierons à l’oreille.

Palmiers, Sine Saloum
Palmiers, Sine Saloum
Palmiers, Sine Saloum
Palmiers, Sine Saloum

Deux Vautours attendent dans un arbre que la température se réchauffe pour prendre leur envol. A nouveau, ce sont deux espèces différentes : un Vautour fauve et un Vautour africain.

Vautour africain et Vautour fauve, Sine Saloum
Vautour africain et Vautour fauve, Sine Saloum
Vautour fauve, Sine Saloum
Vautour fauve, Sine Saloum

Le paysage évolue et c’est à présent une zone de buissons que nous traversons. Un arrêt s’impose. Le chant de Fauvettes passerinettes et le gazouillis d’Hypolaïs polyglottes ne sont pas passés inaperçus. Certains dans les Tamaris, d’autres dans les Acacias, il faut un peu de patience pour arriver à les voir sortir en pleine lumière.

Hipolaïs polyglotte, Sine Salium
Hipolaïs polyglotte, Sine Salium
Fauvette passerinette, Sine Saloum
Fauvette passerinette, Sine Saloum

Nous ne voulons pas perdre trop de temps, aussi nous reprenons la piste. Des engins de terrassement à l’horizon, des niveleuses, une chargeuse … rien qui ne soit de bon augure. Même ici, le « progrès » arrive et amène son lot d’altération de l’environnement. Le bitume remplace la terre et la circulation dans cette zone assez tranquille va croitre. Ces aménagements sont-ils pour améliorer les conditions de vie des locaux ou est-ce pour faciliter la création d’hôtels alors que le pays est largement en surcapacité ? Au bord des routes de la petite côte que nous parcourrons demain, ils sont nombreux les panneaux de vente d’hôtels, certains semblent abandonnés tandis que pour d’autres, la construction n’a pas été achevée. Dans cette zone en travaux, le milieu s’ouvre encore davantage, des secteurs d’herbes rases et sur l’horizon l’omniprésent Baobab.

Ces habitats sont propices aux rapaces. Des Busards cendrés, un Busard des roseaux et surtout un groupe d’un vingtaine de Faucons crécerellettes chassant activement à proximité de  la piste. Nous stoppons la voiture, on descend en douceur et l’on profite du spectacle. Les oiseaux gagnent en confiance et s’approchent assez près pour certains. Les proies ont l’air d‘être nombreuses car les faucons n’arrêtent pas de descendre au sol pour se nourrir. Nous recherchons des bagues, et si possible françaises mais malheureusement aucun individu n’en porte. Dommage ! Nous prenons en revanche le temps de détailler leur plumage. Beaucoup d’immatures. La tête d’un mâle en mue commence à prendre les teintes bleutées et son dos devient uni.

Faucon crécerellette, Sine Saloum
Faucon crécerellette, Sine Saloum
Faucon crécerellette, Sine Saloum
Faucon crécerellette, Sine Saloum
Faucon crécerellette, mâle immature, Sine Saloum
Faucon crécerellette, mâle immature, Sine Saloum

Un autre faucon vient se joindre à cette chasse fructueuse, il s’agit d’un Faucon ardoisé au magnifique plumage gris. Après une série de photos, tout le petit groupe s’éloigne et part prospecter des zones plus éloignées.

Faucon ardoisé, Sine Saloum
Faucon ardoisé, Sine Saloum
Faucon crécerellette et Faucon ardoisé, Sine Saloum
Faucon crécerellette et Faucon ardoisé, Sine Saloum
Faucon ardoisé, Sine Saloum
Faucon ardoisé, Sine Saloum
Faucon ardoisé, Sine Saloum
Faucon ardoisé, Sine Saloum

Un petit air de Camargue se dessine au fur et à mesure des kilomètres que nous parcourons. Des étangs côtiers asséchés nous rappellent les milieux que l’on rencontre lorsque l’on emprunte la piste menant à Beauduc. Au détour d’un virage deux canidés distants de seulement quelques dizaines de mètres de la piste s’enfuient rapidement. Ce sont deux Chacals du Sénégal. Nous espérons qu’ils se retournent pour que nous puissions les photographier mais ce n’est qu’une fois en sécurité, à bonne distance, qu’ils daignent nous regarder. Nous faisons quelques photos, les observons à la longue-vue avant qu’ils ne quittent cet étang pour filer en direction d’un étang plus lointain où s’activent de nombreux oiseaux.

Chacal du Sénégal, Sine Saloum
Chacal du Sénégal, Sine Saloum
Chacal du Sénégal, Sine Saloum
Chacal du Sénégal, Sine Saloum

Des pélicans gris, des Flamants, des sternes, des limicoles mais bien trop loin pour les identifier d‘autant plus que les brumes de chaleur sont à présent de la partie. Heureusement sur un autre étang au bord de la piste, nous sommes plus chanceux et pouvons détailler les différentes espèces de limicoles. Des Bécasseaux variables, cocorlis, minutes, sanderling ainsi que Grands Gravelots se nourrissent avec frénésie. A la moindre alerte, les groupe s’envole mais vient se reposer exactement au même endroit, preuve de la richesse en nourriture de cet étang.

Bécasseaux cocorlis, Sine Saloum
Bécasseaux cocorlis, Sine Saloum
Pélicans blancs, Sine Saloum
Pélicans blancs, Sine Saloum

L’heure avance et il fait à présent chaud. La piste se rapproche du bord de mer. Nouvelle halte pour aller voir l’océan. Le paysage de tanne qui nous en sépare est occupé par quelques Guêpiers de perse et un juvénile de Faucon lanier nous fait un passage rapide sans parvenir à attraper la moindre proie.

Guêpier de Perse, adulte, Sine Saloum
Guêpier de Perse, adulte, Sine Saloum
Guêpier de Perse, adulte et jeune, Sine Saloum
Guêpier de Perse, adulte et jeune, Sine Saloum

En mer, cela semble assez calme. Retour à la voiture et poursuite de la piste. Un reposoir de Laridés est une bonne occasion pour un nouveau stop. Les oiseaux se sont regroupés sur une lagune en arrière plage en bordure de la mangrove. Le Sine Saloum ne doit plus être très loin derrière. Diverses espèces de Sternes et de Goélands s’y reposent et s’y baignent avant de repartir en mer. Parmi les nombreuses Sternes caspiennes et les quelques royales, nous repérons 1 voyageuse. La plage étant juste à côté, nous en profitons pour nous y installer pour le pique nique. L’endroit est stratégique, juste sur le couloir qu’empruntent les Sternes pour rejoindre l’océan. La température dépasse les 30 degrés, on ne sera pas contre une petite baignade. Ce n’est pas tous les jours que l’on a la possibilité de se baigner un 30 décembre …

Sternes caspiennes, royales, caugeks, Sine Saloum
Sternes caspiennes, royales, caugeks, Sine Saloum
Mangrove, Sine Saloum
Mangrove, Sine Saloum
Aigrette des récifs, Sine Saloum
Aigrette des récifs, Sine Saloum

En début d’après-midi, on rejoint le village de Djiffer qui est, on peut le dire, très sale. Dès l’entrée, des tas d’immondices s’accumulent et il faut slalomer avec la voiture pour atteindre le centre du village. Nous laissons la voiture sur le bord de la plage côté océan et rejoignons les rivages du Sine Saloum. Dans les ruelles, des chèvres et des moutons recherchent tout comme les hommes la moindre parcelle d’ombre pour s’abriter. Nous trouvons près d’un ponton un palmier pour nous abriter avec vue sur le fleuve.

Djiffer, Sine Saloum
Djiffer, Sine Saloum

Les Sternes royales, objet de notre venue, sont bien présentes. Trois oiseaux font d’incessants allers retours le long de la côte mais à l’approche du ponton, elles s’éloignent et font demi-tour. Nous ne sommes pas bien placés. En plus, deux Labbes pomarins font leur apparition et harcèlent les sternes. Course-poursuite au dessus du fleuve jusqu’à ce que les Labbes obtiennent la pêche de la Sterne.

Sterne royale et Labbe pomarin, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale et Labbe pomarin, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale et Labbe pomarin, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale et Labbe pomarin, Sine Saloum, Djiffer
Labbe pomarin, Sine Saloum, Djiffer
Labbe pomarin, Sine Saloum, Djiffer

Nous nous positionnons près de l’endroit où nous avons débarqué hier avec la barque. En attendant que les sternes passent à nouveau, nous discutons avec quelques habitants qui viennent nous voir et jouons avec des enfants. Les Sternes sont à nouveau présentes, passent non loin de nous, parfait pour ramener quelques photos.

Sterne royale, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale, Sine Saloum, Djiffer
Sterne royale, Sine Saloum, Djiffer
Mouette à tête grise, Sine Saloum, Djiffer
Mouette à tête grise, Sine Saloum, Djiffer
Mouette à tête grise, Djiffer, Sénégal
Mouette à tête grise, Djiffer, Sénégal

Nous quittons le spot et retournons au reposoir de Laridés où, à présent, la lumière est belle et les oiseaux bien plus nombreux. Une quarantaine de Goélands d’Audouin, un millier de Sternes caugeks et 549 bruyantes Sternes caspiennes.

Goéland d'Audouin, Sine Saloum
Goéland d’Audouin, Sine Saloum

C’est la première fois que nous en voyons autant, bien loin de la centaine d’individus que l’on observe fin août début septembre en Camargue lors de la migration postnuptiale. Cette espèce est intéressante car son aire de reproduction est fragmentée. Nicheuse en Turquie (côte au sud d’Izmir et à l’intérieur des terres du côté de Konya), on la retrouve en Ukraine, puis encore plus au nord sur les côtes suédoises et finlandaises de la Mer Baltique et du Golfe de Botnie. De manière surprenante, la caspienne se reproduit aussi au Sénégal où les conditions environnementales sont bien différentes de celles prévalant en Scandinavie. Les données d’un recensement effectué en 1998 donnaient 10 couples dans le parc national de la Langue de Barbarie (les auteurs reconnaissaient que c’était un strict minimum car la date du comptage était tardive), 1500 couples dans la réserve ornithologique de Kalissaye en Casamance et 8610 couples dans le delta du Sine Saloum. Dans le delta, deux iles offrent les conditions propices à la reproduction et abritent l’essentiel de la population, il s’agit de l’ile Senghor et de l’ile aux oiseaux. Le long des côtes de l’Afrique de l’ouest, depuis la Mauritanie jusqu’en Guinée Bissau, la population était estimée à 13 500 couples reproducteurs. Nous nous sommes déjà bien contents avec nos 549 individus et nous en profitons pour enregistrer l’ambiance. Mélomane s’abstenir !

Autre attraction de ce spot, une Aigrette des récifs se livrant sous nos yeux à un ballet pour tenter de capturer les petits poissons prisonniers d’une flaque. Un coup à droite, un coup à gauche, elle adopte de nombreuses positions acrobatiques, un vrai régal pour les yeux et l’appareil photo.

Aigrette des récifs, Sine Saloum
Aigrette des récifs, Sine Saloum
Aigrette des récifs, Sine Saloum
Aigrette des récifs, Sine Saloum
Aigrette des récifs, Sine Saloum
Aigrette des récifs, Sine Saloum

Deux courlis passent également à proximité : 1 cendré et 1 corlieu.

Courlis cendré, Sine Saloum
Courlis cendré, Sine Saloum
Courlis corlieu, Sine Saloum
Courlis corlieu, Sine Saloum

Le soleil décline et les oiseaux regagnent leurs dortoirs respectifs, chacun son baobab ! Ici des Pélicans gris, là un Balbuzard pêcheur.

Baobab et Balbuzard pêcheur, Sine Saloum
Baobab et Balbuzard pêcheur, Sine Saloum
Baobab et Pélicans gris, Sine Saloum
Baobab et Pélicans gris, Sine Saloum

Un Faucon de Barbarie a quant à lui opté pour un poteau.

Faucon de Barbarie, Sine Saloum
Faucon de Barbarie, Sine Saloum
Sine Saloum
Sine Saloum

Retour à Ndangane pour aller déguster un bissap, des brochettes de Zébu et de la queue de lotte au resto du coin. Notre restaurateur se plie en quatre pour satisfaire nos moindres volontés. Lorsqu’un groupe d’espagnols s’arrête pour lire la carte puis tourne les talons en s’exclamant que ce ne sont pas des plats locaux et choisit un autre resto en face, on lit toute la détresse dans les yeux de notre restaurateur. Peu de touristes, les temps sont durs !

Au camp, les Engoulevents à longue queue sont encore là, juste au dessus de la case. Nous profitons de notre dernière soirée dans le delta pour effectuer un petit night drive histoire de voir si on peut tomber sur une Hyène tachetée qui est présente ici (surtout du côté de Palmarin). Pas de bol, nous ne verrons rien. Retour au camp pour une nuit bien méritée !

Espèces d'oiseaux observés sur le Sine Saloum

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3 Replies to “Les zones humides de Palmarin, Sine Saloum”

    1. Salut Marc
      En effet, la petite lecture matinale du blog devant le café sans le son, c’est moins sympa ! 🙂
      Sur mon ordi, cela ne marche pas non plus quand j’utilise Explorer. En revanche, aucun problème en utilisant Google chrome

      Bonne journée
      Sébastien

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