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Mardi 5 avril. Après une journée et une nuit de fortes pluies, les sombres nuages se disloquent, percés par les rayons du soleil levant. La côte marocaine, à quelques encablures seulement, s’illumine. Espérant que ce changement de météo soit propice à la migration des petits passereaux, nous nous rendons à la Punta secreta, près d’Algeciras. Le petit sentier longe la côte vers l’Est et traverse des paysages ouverts et vallonnés, parsemés de palmiers nains. En termes plus techniques, des fruticées à palmiers nains. Mais l’ambiance est assez calme et les migrateurs se font rares. Petit à petit, la nature s’éveille. Les oiseaux, encore ébouriffés par la pluie, s’activent à nouveau tentant de faire sécher leur plumage. Les premiers chants s’élèvent des buissons, ici un rossignol, là une Fauvette mélanocéphale.

Pointe de Carnero
Punta Secreta
Tarier pâtre, Pointe de Carnero
Tarier pâtre, Punta Secreta

Pointe de Carnero
Punta Secreta

L’activité s’amplifie, une fois le plumage sec, il est temps de passer au petit déjeuner ! Les oiseaux se perchent en évidence, en quête de leur pitance.

Fauvette à tête noire, Punta Secreta
Fauvette mélanocéphale, Punta Secreta

Les Tariers pâtres sont omniprésents, les mâles marquent leur territoire en chantant au sommet des palmiers nains ou de n’importe quel autre buisson et pourchassent les femelles.

Tarier pâtre, Punta Secreta
Tarier pâtre, Punta Secreta

Nous contactons malgré tout quelques migrateurs. Outre les rossignols, nous observons 2 Pie-grièches à tête rousse, 1 Hirondelle rousseline ainsi qu’un groupe de Martinets pâles.

Pie-grièche à tête rousse, Punta Secreta
Pie-grièche à tête rousse, Punta Secreta
Punta Secreta
Punta Secreta

L’heure avance et c’est au tour des rapaces de migrer. Un groupe de Milans noirs arrivent droit depuis la mer avant de cercler au-dessus de la côte. Leur arrivée marque pour nous l’heure du départ : il est temps de gagner un spot pour le suivi de la migration.

Espèces d'oiseaux observés sur la Punta Secreta

Ne sachant pas où nous positionner, nous reprenons la route en direction de Tarifa en faisant plusieurs haltes. Quelques groupes de guêpiers se signalent par leurs cris. Lors d’un arrêt au point d’information de Huerte grande un chant inconnu nous interpelle. Nous scrutons les arbres à la recherche de l’oiseau. Il s’agit d’un Pouillot ibérique, le seul que nous contacterons durant notre séjour. Cet individu, d’ailleurs bagué, semble cantonné et chantera toujours dans la même zone lors de nos trois passages. Ce migrateur autrefois considéré comme une sous-espèce du Pouillot véloce est présent en Espagne entre mars et septembre. Le pic de la migration prénuptial est atteint la seconde quinzaine d’avril.

Pouillot ibérique, Détroit de Gibraltar
Pouillot ibérique, Détroit de Gibraltar

Au centre d’information où nous sommes très bien accueillies, il est possible de se procurer des cartes de rando, ainsi qu’un atlas (que je vous conseille) sur l’avifaune locale : Guia de Aves des estrecho de Gibraltar – Parque natural « Los Alcornocales » y Comarca de « La Janda » de David Barros Cardona et David Rios Esteban. Cet ouvrage bilingue (anglais/espagnol) est riche en informations et présente les spots intéressants de la zone étudiée accompagnés de cartes. Nous passons un bon moment à discuter avec l’ornitho de l’accueil. Quel est le meilleur spot pour observer la migration aujourd’hui ? Sur le détroit, la connaissance de la direction du vent est indispensable pour choisir le bon site. Si le vent dominant est un vent d’est, il est préférable de se rendre à l’ouest de Tarifa. En revanche, si le vent dominant est d’ouest, c’est sur Gibraltar et au-dessus d’Algésiras, et c’est le cas aujourd’hui. Le site le mieux placé est alors le phare de Carnero … près de la punta Secreta où nous étions ce matin ! Nous revenons sur nos pas et arrivons vers 12h sur la placette où d’autres ornithos sont déjà installés. Nous sommes vite plongées dans le bain et apercevons déjà des pompes de Cigognes blanches, de Milans noirs et d’Aigles bottés. Voilà donc le bilan de deux journées de suivi depuis le phare de Carnero.

Phare de Carnero
Phare de Carnero

Les oiseaux n’ayant pu traverser la veille en raison de la pluie, nous assistons à un déblocage.

Espèces d'oiseaux observés au phare de Carnero

Nous sommes en plein pic de passage pour l’Aigle botté qui sera, de loin, le rapace le plus contacté sur nos deux journées au phare. Le flux est continu, et nous en dénombrons 280 le 5 avril et 172 le lendemain. Arrivant de la mer, ils cerclent régulièrement au-dessus du phare puis filent au-dessus de nos têtes, occasion de faire quelques photos.

Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté en migration, Tarifa
Aigle botté en migration, Tarifa

Bien que les individus de forme pâle soient les plus nombreux, quelques uns de forme sombre sont passés à proximité de l’objectif.

Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar

Parfois, nous les apercevons plus loin, cercler au-dessus du rocher de Gibraltar bien visible de l’autre côté de la baie où croisent de nombreux navires.

Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Détroit de Gibraltar
Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar
Aigle botté, Détroit de Gibraltar

Après les Aigles bottés, viennent les Milans noirs. Certes, le gros des troupes de cette espèce est déjà passé. Le pic de passage se situe en effet au début du mois de mars. Néanmoins, nous assistons à la traversée de quelques beaux groupes comme cette pompe de près de 70 individus.

Milans noirs, Détroit de Gibraltar
Milans noirs, Détroit de Gibraltar
Milans noirs, Détroit de Gibraltar
Milans noirs, Détroit de Gibraltar
Milan noir, Détroit de Gibraltar
Milan noir, Détroit de Gibraltar

Nous ne nous ennuyons pas ! Ce qui est top avec la migration, c’est que tout, potentiellement, peut passer. Ainsi d’autres rapaces, moins nombreux, ont fait leur apparition comme ces 5 Vautours fauves venus tout droit du Maroc. Comme nous en avons déjà parlé dans notre compte-rendu sur le Sénégal, quelques Vautours fauves hivernent en Afrique sub-saharienne. Ils sont plus de 3000 à passer le détroit au mois de novembre. Plus classiques en migration, les Vautours percnoptères seront passés malheureusement trop haut dans le ciel.

Vautour fauve, Détroit de Gibraltar
Vautour fauve, Détroit de Gibraltar

Quelques Busard des roseaux, 1 femelle de Busard cendré, des cris de guêpiers presque en continu, bref on ne s’ennuie pas ! La deuxième journée, le passage ralentit. Les Aigles bottés un peu moins nombreux que la veille. En revanche, nous contactons 21 circaètes dont 1 qui passera juste au-dessus de nous.

Circaète Jean-le-blanc, Détroit de Gibraltar
Circaète Jean-le-blanc, Détroit de Gibraltar
Circaète Jean-le-blanc, Détroit de Gibraltar
Circaète Jean-le-blanc, Détroit de Gibraltar

Un autre rapace, bien plus petit, file à toute allure et remonte la côte droit sur nous : 1 Épervier d’Europe.

Épervier d'Europe, Détroit de Gibraltar
Épervier d’Europe, Détroit de Gibraltar

Mais les rapaces ne sont pas les seuls oiseaux à traverser le détroit en cette période : les cigognes blanches et noires, elles aussi, ont entamé leur voyage pour rejoindre leurs sites de nidification à travers l’Europe.

Aigle botté et pompe de Cigognes blanches, Détroit de Gibraltar
Aigle botté et pompe de Cigognes blanches, Détroit de Gibraltar

Alors que l’après-midi touche à sa fin, les oiseaux perdent en altitude. C’est le moment propice pour les balbuzards pêcheurs.

Balbuzard pêcheur, Détroit de Gibraltar
Balbuzard pêcheur, Détroit de Gibraltar

La journée a été bien remplie ! Nous quittons la pointe et retournons vers Tarifa pour chercher un camping. Notre choix se portera sur le camping de Jara, certes très bien aménagé et agréable, mais surtout situé à proximité d’une lagune. Le soleil n’est pas encore couché, nous avons encore le temps d’aller chercher les oiseaux, cette fois-ci sur la plage ! Quelques limicoles, en particulier des Bécasseaux sanderlings et des reposoirs de laridés. Nous cherchons parmi les sternes, en espérant tomber sur une sterne à bec jaune … mais il n’y a que des caugeks ! Un Goéland d’Audouin se dissimule au milieu des nombreux Goélands bruns et leucophées qui prennent leur bain dans le petit estuaire du rio Jara.

Tarifa
Tarifa
Héron cendré, Tarifa
Héron cendré, Tarifa
Tarifa
Tarifa

La journée s’achève sur une magnifique observation d’un groupe de Spatules blanches se posant sous nos yeux dans la chaude lumière du soir.

Spatules blanches, Tarifa
Spatules blanches, Tarifa
Spatules blanches, Tarifa
Spatules blanches, Tarifa
Tarifa
Tarifa

Au petit matin, nous voilà déjà sur la plage mais l’ambiance est plus calme. Une brume recouvre le paysage. Il ne reste qu’une seule spatule et une Mouette mélanocéphale a remplacé l’Audouin de la veille.

Espèces d'oiseaux observés au camping Jara
Tarifa
Tarifa
Tarifa
Tarifa
Tarifa
Tarifa

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2 Replies to “La migration sur la pointe de Carnero”

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