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Au départ de la ville de Grand Baie, au nord de l’île Maurice, des sorties sont organisées sur la journée sur l’île plate et l’îlot Gabriel. La traversée se fait en catamaran. Le tarif, que vous devez négocier (à titre d’exemple nous avons payé 25€ par personne) comprend également le pique-nique : poissons ou viandes grillées sur le bateau ou directement sur la plage. Un cadre paradisiaque, certes, mais surtout un bon moyen pour observer les oiseaux marins qui ne sont pas toujours faciles à voir depuis la côte. Avec un peu de chance, vous pourrez également croiser la route des tortues marines ou des cétacés. Nous avons fait deux fois cette sortie, une fois pour l’île plate, et la seconde pour l’îlot Gabriel. Embarquez donc avec vos jumelles, votre masque et vos palmes et suivez nous sur ces îles inhabitées classées en réserves naturelles.

Ilot Gabriel
Ilot Gabriel

4 août 2016. C’est sous un ciel bien gris que nous embarquons ce matin à bord d’un catamaran pour l’île plate. Le RDV était fixé à 8h30 mais ce n’est que vers 9h que nous prenons le large. Nous longeons tout d’abord la côte où les oiseaux se font assez rares, mais une fois que nous arrivons au niveau de Coin de Mire, nous commençons à apercevoir quelques Puffins du Pacifique (Puffinus pacificus), quelques petits groupes de Sternes fuligineuses et noddis mais qui resteront trop lointains pour être identifiés.

Coin de Mire
Coin de Mire

L’île volcanique de Coin de Mire, à 8 km de la côte, est classée en réserve intégrale. Cela signifie que son accès est interdit sauf aux scientifiques. Elle accueille 24 espèces endémiques. Certaines des espèces invasives comme les daims, les Rats noirs et les Lapins de garenne ont été éradiquées ce qui a permis de mener à bien un projet d’introduction de reptiles endémiques en provenance de l’île ronde, située plus au large, comme le Scinque de Telfair. Les premiers ont été libérés en décembre 2006. Coin de Mire abrite la nidification de plusieurs espèces d’oiseaux marins, notamment des Puffins du Pacifique, des Phaétons à brins rouges (Phaethon rubricauda) et des Phaétons à bec jaune. Les populations des deux espèces de phaétons sont à la hausse. En 1982, il n’y avait qu’entre 50 et 70 couples de Phaétons à brins rouges et une vingtaine pour les Phaétons à bec jaune*. En 2003, les effectifs respectifs ont augmenté pour atteindre entre 200 et 300 couples pour le brins rouges et 50 à 100 pour le bec jaune*. Lors des derniers comptages la population de Phaétons à brins rouges étaient estimée à 430 couples et 850 pour les becs jaunes (données du Durell Wildlife Conservation Trust, 2016). Quant aux Puffins du Pacifique la population nicheuse estimée entre 3000 et 5000 couples en 2003* est tombée aujourd’hui à 1300 couples. Nous passons assez loin de l’île mais parvenons à observer quelques uns de ces élégants phaétons se livrant à une partie de pêche assez acrobatique : ils se nourrissent en grande partie de poissons volants mais également de calamars qu’ils capturent en effectuant un plongeon en piqué. (* données extraites de Lost Land of the Dodo: An Ecological History of Mauritius, Reunion, & Rodrigues, de Anthony Chek, Julian Hume)

Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire

Une fois passé le cap de Coin de Mire, nous ne sommes plus abrités et de hautes vagues se forment. La moitié des passagers est malade ! Il faudra atteindre les deux îlots pour se retrouver à l’abri. Nous débarquons à l’île plate sous une violente averse. Réfugiés sous les abris, nous sommes contraints de patienter. Enfin, vers midi, nous avons droit à une accalmie. Nous en profitons pour faire un petit tour dans l’eau. Ici il faut être vigilant car les courants sont forts et ont tendance à vous pousser vers le large. Il faut donc rester à l’abri de l’île et ne pas nager dans la passe. Mais sans lumière, les fonds semblent sombres et nous observons assez peu de poissons.

L'Ile plate
L’Ile plate
L'Ile plate
L’îlot Gabriel vu depuis l’Ile plate
L'Ile plate
L’Ile plate et le Coin de Mire sur l’horizon

Après avoir pris notre repas (excellent il faut l’avouer !) : daurade coryphène grillée et salade, nous prenons le temps de faire quelques photos des Phaétons à bec jaune qui tournent autour de l’île. Certains se posent au milieu de la végétation pour rejoindre leur nid.

Phaéton à bec jaune, l'île plate
Phaéton à bec jaune, l’île plate
Phaéton à bec jaune, l'île plate
Phaéton à bec jaune, l’île plate
Phaéton à bec jaune, l'île plate
Phaéton à bec jaune, l’île plate
Phaéton à bec jaune, l'île plate
Phaéton à bec jaune, l’île plate
Phaéton à bec jaune, l'île plate
Phaéton à bec jaune, l’île plate
Phaéton à bec jaune, l'île plate
Phaéton à bec jaune, l’île plate

Vers 15h30 il est temps de lever le camp. Nous voilà à nouveau voguant sur l’océan Indien à présent calmé. De temps à autre, un poisson volant surgit des flots. Nous passons cette fois-ci très près de Coin de Mire ce qui nous laisse l’occasion de faire quelques images des Phaétons à brins rouges volant le long de l’impressionnante falaise. Avec la houle, pas facile de faire la mise au point !

Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire
Phaéton à brins rouges, Coin de Mire

Les Puffins du Pacifique se sont rassemblés devant l’île formant des radeaux. Nous en dénombrant près de 300.

Puffins du Pacifique devant le Coin de Mire
Puffins du Pacifique devant le Coin de Mire
Puffins du Pacifique devant le Coin de Mire
Puffins du Pacifique devant le Coin de Mire

Nous observons également une dizaine de Fous masqués mais ne parviendrons à prendre qu’une seule photo nette !

Fou masqué entre Grand bay et Coin de Mire
Fou masqué entre Grand baie et Coin de Mire

Alors que nous nous rapprochons de Grand Baie, Nous croisons la route d’un groupe d’une trentaine de Dauphins à long bec. Très furtifs, nous devrons nous contenter de les observer, ce qui est déjà top !

17 août. Avec une météo plus clémente nous tentons à nouveau l’expérience. La mer est moins formée et nous arrivons à apercevoir une première tortue en sortant de la baie. Nous croisons les mêmes oiseaux que la première fois. Nous aurons beau scruter la mer tout au long de la traversée, nous ne parviendrons pas à repérer de baleine, pourtant présentes en cette période. Arrivés sur l’îlot Gabriel cette fois-ci, nous enfilons directement palmes, masque et tuba et c’est parti pour une petite séance de snorkeling.

Ilot Gabriel
Ilot Gabriel

Les fonds sont assez jolis et parsemés de coraux où se réfugient des poissons colorés : poissons perroquets, papillons, coffres … plongée qui a déjà fait l’objet d’un précédent article dédié au snokeling à Maurice.

Coraux autour de l'îlot Gabriel
Coraux autour de l’îlot Gabriel

De retour sur la terre ferme nous prenons un bain de soleil avant de déguster le petit repas concocté par l’équipage. Du marlin grillé cette fois-ci !

Ilot Gabriel
Ilot Gabriel

Rassasiés, nous faisons un rapide tour sur l’île où nous observons quelques Phaétons à bec jaune couvant au milieu des buissons.

Phaéton à bec jaune, Ilot Gabriel
Phaéton à bec jaune, Ilot Gabriel

15h, c’est déjà l’heure de partir et c’est à regrets que nous quittons l’île paradisiaque, on serait bien resté plus longtemps !

Ilot Gabriel
Ilot Gabriel
Ilot Gabriel
Ilot Gabriel

Alors que nous sommes sur l’annexe pour rejoindre le cata, je repère une tortue dans le lagon. Le pilote accepte de faire un petit détour mais la tortue ne se laissera pas approcher. Alors que nous nous éloignons, la silhouette de l’île ronde, elle aussi classée en réserve intégrale, se dessine sur l’horizon. Nous aurions bien aimé la voir de plus près ! Mais elle n’est accessible qu’aux chercheurs de la wildlife ainsi qu’aux bénévoles qui œuvrent dans le cadre des missions menées par l’association. Cette île est un bijou de biodiversité. Préservée de la plupart des espèces envahissantes et exotiques, de nombreuses espèces endémiques y ont été préservées. Les colonies d’oiseaux marins y sont également importantes. On y trouve, notamment, le Pétrel de l’île ronde (Pterodroma arminjoniana) qui niche exclusivement sur cet îlot. L’espèce fut décrite par Jean Vinson, conservateur du Muséum de l’Institut de Maurice, en 1949 : « Sur le sommet de l’îlot, parmi les blocs de basalte, se trouvaient quelques colonies d’un oiseau qui n’était pas encore signalé de l’île Ronde. C’est un pétrel que nous croyons pouvoir rapporter au Pterodroma macroptera Smith. À première vue, il pourrait être confondu avec le fouquet ayant à peu près la même taille et le même coloris uniformément noirâtre. Mais il s’en distingue plus facilement par un bec plus court et les pattes noires. Cet oiseau est moins bruyant que le fouquet et aussi plus confiant. Nous en avons rapporté un exemplaire mâle qui couvait un œuf. Celui-ci est blanc et est plus arrondi que l’œuf du fouquet ». Les études génétiques ont montré que cette espèce serait le résultat d’une hybridation entre le Pétrel hérault (Pterodroma heraldica), le Pétrel des Kermadec (Pterodroma neglecta) et le Pétrel de la Trinité (Pterodroma arminjoniana). Sa population est estimée à 200 couples mais recèle encore de nombreux mystères. Où vont-ils en dehors de la période de nidification ? Comment sont-ils arrivés sur cette île ? Pourquoi nichent-ils exclusivement sur l’île ronde et non sur l’île aux Serpents qui se trouve pourtant juste en face ? Autant de questions auxquelles tentent de répondre les scientifiques avec, notamment, la mise en place d’un programme de baguage dès 1973. C’était en partie en espérant voir en mer cette espèce emblématique que nous sommes venus sur l’île plate et Gabriel. Mais il ne semble être contacté qu’à proximité de l’île ronde. Cette dernière abrite également la plus grande colonie de Puffins du Pacifique de l’océan Indien avec une population estimée entre 40000 et 80000 couples (données extraites de Birds, Ile Maurice et Rodrigues de Jacques de Spéville). Les Fous masqués quant à eux nichent sur l’île aux Serpents.

Ile ronde
Ile ronde
Fou masqué entre Grand bay et Coin de Mire
Fou masqué passant devant l’île ronde

Nous passons à nouveau le chemin du retour à scruter la mer. Les Puffins du Pacifique sont toujours aussi nombreux. Nous tentons de refaire quelques images, cette fois-ci avec de la lumière. Mais ils sont bien rapides …

Puffin du Pacifique devant le Coin de Mire
Puffin du Pacifique devant le Coin de Mire

Nous laissons le Coin de Mire pour rejoindre la côte. Ce fut vraiment une belle journée !

Coin de Mire
Coin de Mire

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