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Par où commencer ? Cela faisait longtemps déjà que l’idée me trottait dans la tête de me rendre sur cette île si réputée dans le cercle des naturalistes ! C’est là qu’effectivement, chaque automne, se donnent RDV de nombreux ornithos pour taquiner LA rareté : Grive dorée, Pouillot de Pallas et autres piafs venus de Sibérie ou de l’autre côté de l’Atlantique ! Mais cette année, j’ai enfin saisi l’occasion en accompagnant un couple d’amis et leur bambin déjà cocheur ! Je les remercie d’ailleurs vivement au passage de m’avoir accueillie parmi eux toute une semaine !

Le phare du Kréach depuis Yusin
Le phare du Creac’h depuis Yusin

Jeudi 20 octobre. Le départ

Départ de Marseille et vol pour Brest avec Ryanair. Après une navette, le tramway et un bus de ville, nous voilà à l’hôtel Ibis du port prêts à prendre le bateau pour l’île le lendemain. Un petit tour sur les quais en cette fin de journée nous permet d’observer nos premiers oiseaux locaux, en particulier les Pipits maritimes. Et voilà ! première coche pour moi du séjour, enfin « coche », « coche française » ;o) j’avais déjà pu observer cet oiseau en Norvège et en Ecosse mais pas encore en France. Il faut dire que la dernière fois que je suis venue en Bretagne, je devais avoir 13 ans, je me rappelle avoir observé des Fulmars boréaux au cap Sizun ainsi qu’un Guillemot de Troïl un peu mal en point dans le port de Concarneau. Mais pour les pipits … je n’en ai aucun souvenir ! La soirée passe vite.

Vendredi 21 octobre : mes premiers coups de pédales sur Ouessant

Le lendemain matin, nous sommes prêts de bonne heure pour ne pas rater la navette affrétée par la compagnie Penn ar bed qui devrait nous conduire au Conquet. « Arrêt des îles » nous a répété plusieurs fois la femme de l’accueil … Nous voilà donc à l’arrêt de bus de ville ainsi nommé. Personne. Etrange. Nous patientons … 8h15 pour un départ prévu à 30 et toujours personne … on commence à s’inquiéter … Petit coup de fil à la compagnie : il s’avère que de nombreuses personnes ont réservé la navette, si nous sommes seuls … c’est que nous ne sommes pas au bon endroit !! Vite vite ! direction les bureaux de la compagnie, arrêt des îles, le deuxième du nom. Nous apercevons le bus sur la route … et nous parvenons à le stopper … c’était vraiment moins une ! Il faut donc le savoir, il y a deux « arrêt des îles » un pour les bus de ville, l’autre pour la navette pour le Conquet. Le reste du voyage se passe paisiblement et nous arrivons à l’heure au Conquet pour prendre le bateau. Enfin, nous voilà sur l’eau, bien soulagés !!

conquet
Le port du Conquet

La mer est particulièrement calme pour la plus grande joie de certains ;o) mais ce qui est aussi pratique pour l’observation. D’ailleurs nous ne tardons pas à repérer un groupe d’une dizaine de Grands dauphins à la sortie du port. Nous sommes tous concentrés à l’arrière du bateau tentant de fixer dans les jumelles les silhouettes des oiseaux filant à toute allure au ras des flots. Il s’agit principalement de Guillemots de Troïl mais 2 Macareux moines et 3 Macreuses noires nous font la surprise d’une brève apparition. A l’approche de Molène, quelques Pingouins pêchent autour des îlots rocheux où patientent de Grands cormorans. En longeant ces côtes déchiquetées, slalomant entre les écueils et les hauts fonds, on ne peut s’empêcher de penser aux personnes qui ont choisi de vivre ici, à la fois à quelques encablures de Brest, mais en même temps si isolés ! Saisie d’une forme d’humilité, je comprends qu’il n’est pas toujours besoin de partir à l’autre bout du monde pour ressentir le dépaysement. Ici, sur ces morceaux de terre éparpillés au milieu de la mer d’Iroise, je me sens véritablement ailleurs.

Après 1 heure de traversée, nous parvenons enfin sur la terre promise et débarquons dans le petit port du Stiff. Pas de trace du Grand Dauphin ambassadeur régulièrement observé ici. Après avoir récupéré des vélos et fait transporter nos affaires au gîte nous nous rendons au petit village de Lampaul, question de manger et faire quelques courses. Le soleil est au rendez-vous et la balade bien agréable.

Lampaul
Lampaul

Je suis donc mes guides et découvre les landes des falaises de Kadoran. De nombreux Pipits farlouses s’alimentent dans les bruyères. Un petit groupe d’oiseaux en vol attire notre attention par leurs cris caractéristiques : il s’agit de Bruants lapons. Malheureusement ils prennent la direction de l’île de Keller. Nous ne les reverrons plus !

Kadoran
Kadoran
Kadoran
Kadoran
Kadoran
Kadoran

Changement de spot, direction cette fois-ci les falaises d’Arland pour tenter d’observer une autre espèce de bruant, cette fois-ci le Bruant des neiges. La présence de plusieurs photographes nous indique leur position, malheureusement ils décollent avant que nous arrivions … mais nous ne perdons pas courage. Nous continuons de les chercher et finissons par leur retomber dessus ! Ils gardent leur distance et se faufilent discrètement au milieu des bruyères.

Bruant des neiges dans les landes d'Arland
Bruant des neiges dans les landes d’Arland
Bruants des neiges dans les landes d'Arland
Bruants des neiges dans les landes d’Arland
Bruant des neiges dans les landes d'Arland
Bruant des neiges dans les landes d’Arland

L’après-midi passe vite et nous voilà sur le chemin de retour. Un bref arrêt dans le stang de Penn Arland nous permet de contacter un nouveau Pouillot à grands sourcils, espèce en très grand nombre cette année, il n’y a presque pas un seul buisson où l’on n’entend pas le petit cri bisyllabique ! Il est devenu un oiseau commun !

Samedi 22 octobre. Jour des gobemouches nains … mais pas du pouillot !

Encore un beau soleil ce matin ! Petite balade matinale dans les stangs alentours, toujours ces PGS qui chantent de-ci, de-là ! Sur la route, alors que le soleil pointe à peine, nous prenons le temps de nous arrêter pour photographier une Bergeronnette de Yarrell.

Bergeronnette de Yarrell au petit matin près de Porsguen
Bergeronnette de Yarrell au petit matin près de Porsguen

Un Gobemouche nain signalé me motive à pousser la balade jusqu’à Stang ar Stiff. Par chance, l’oiseau est toujours présent et il ne faut pas attendre longtemps pour qu’il refasse apparition. L’observation est d’abord un peu furtive mais il finit par se poser en évidence sur une branche me donnant ainsi l’occasion de réaliser une première image. Mais je prends le temps d’observer cet oiseau que je vois pour la première fois. Il est certes commun en automne sur Ouessant, mais il est généralement contacté un peu plus tôt et les observations fin octobre sont un peu moins fréquentes.

Gobemouche nain dans le Stang ar Stiff
Gobemouche nain dans le Stang ar Stiff

Après un bon moment passé au milieu des branches basses du buisson, je m’installe tranquillement pour manger à l’entrée, sous un arbre attirant de nombreux oiseaux : Pouillots véloces, Mésanges à longue-queue, certes pas des raretés, mais la lumière est jolie et les oiseaux plutôt coopératifs !

Pouillot véloce, Stang ar Stiff
Pouillot véloce, Stang ar Stiff
Pouillot véloce, Stang ar Stiff
Pouillot véloce, Stang ar Stiff
Mésange à longue-queue, Stang ar Stiff
Mésange à longue-queue, Stang ar Stiff

J’ai bien choisi ma place ! Finalement, le Gobemouche nain fera également un petit tour me permettant de prendre de nouvelles images et d’observer les différents critères de façon plus posée : barre noire à la queue, ailes tombantes etc. Un chouette moment !

Gobemouche nain dans le Stang ar Stiff
Gobemouche nain dans le Stang ar Stiff
Gobemouche nain dans le Stang ar Stiff
Gobemouche nain dans le Stang ar Stiff

Ce n’est qu’un nouveau texto qui parvient à m’arracher à mon arbre : un Pouillot à pattes sombres est signalé dans le stang Korz. Pour le coup, tous les ornithos de l’île font le déplacement, il s’agit en effet d’une deuxième française. Nous nous retrouvons à … je n’ose pas compter, dans le buisson mais pas de trace de l’oiseau rare, à croire qu’il se soit volatilisé ! Les découvreurs nous montrent les photos … effectivement, celui-là ce n’est pas un PGS ! Après analyse de ces clichés, il s’avère qu’il s’agirait d’un Pouillot de Temminck. Quoiqu’il en soit, une belle obs pour un oiseau que personne ne parviendra à vraiment bien revoir.

Stang Korz
Stang Korz

Nous quittons le buisson en fin d’après-midi pour rejoindre Lampaul où un autre Gobemouche nain a également été signalé. Celui-là, nous n’aurons pas de mal à le retrouver, se signalant régulièrement par ses trilles caractéristiques ! Il finit par s’exposer bien à découvert, nouvelle observation de qualité pour cette espèce dans la même journée !

Gobemouche nain dans Lampaul
Gobemouche nain dans Lampaul

Celle-ci se termine devant le clocher de l’église pour attendre les étourneaux : un roselin est en effet présent sur l’île et fréquente régulièrement ce pré-dortoir … Mais il ne passera pas ce soir.

L'église de Lampaul
L’église de Lampaul

Au retour, alors que le soleil est déjà passé derrière l’horizon, des vélos sont toujours abandonnés devant le stang Korz certains ont vraiment la foi !

Dimanche 23 octobre. Jour de pluie

Cela était prévu depuis le début, la météo l’avait annoncé, dimanche, c’était LE jour de pluie ! Malgré tout, au petit matin, le temps est plutôt correct, gris mais pas de pluie. Un peu de vent aussi, mais, après tout, nous sommes en Bretagne. Direction le stang Korz pour tenter de retrouver le fameux pouillot de la veille. Nous ne sommes pas les seuls à le chercher ! mais nous n’aurons pas plus de succès que la veille et nous devrons à nouveau nous contenter d’un PGS ! Tous, petit à petit, finissent par quitter le stang. Un Bruant nain signalé à nouveau dans la zone de Kervasdoué m’incite à en faire de même. Nous voilà partis avec Elie et Yvan, 2 jeunes ornithos prometteurs de PACA 😉 dans ce labyrinthe de buissons épineux où il n’est pas facile de se déplacer ! Quelques piafs décollent mais impossible de faire une obs correcte. Un Pallas est également signalé près de Lampaul … dilemme … rester à chercher le Bruant nain (que je n’ai encore jamais vu) ou tenter le Pallas (déjà vu mais cela reste bien sympa quand même !). Finalement c’est la pluie qui donne son verdict : ce sera partie de Mikado au gîte ! Par chance, en fin d’après-midi, la pluie cesse. Je quitte donc la partie (je perdais en plus !) pour me rendre dans le fameux stang. Le Pouillot est toujours là, à se balader dans le feuillage. Pas de photo possible, mais une obs bien sympa ! Merci aux découvreurs 😉 ! Sur cette bonne lancée, dernier essai à Kervasdoué et bingo ! Je parviens à observer ce fameux Bruant nain se faufilant au pied d’un buisson ! Finalement ce jour de pluie n’était pas si mal !

Lundi 24 octobre. La plage de Yusin

Encore une belle journée qui s’annonce ! je suis dehors avant le lever du soleil. La silhouette d’un phare se détache dans la lumière rougeoyante du soleil levant.

Lever de soleil sur la mer d'Iroise
Lever de soleil sur la mer d’Iroise
Lever de soleil sur la mer d'Iroise
Lever de soleil sur la mer d’Iroise

Direction les marais de Kervasdoué pour tenter à nouveau d’observer le Bruant nain, sans succès cette fois-ci. Petit tour dans différents stangs, toujours des PGS, quelques véloces, la routine quoi ! Vers midi, je retrouve mes amis, direction la plage de Yusin. Toujours quelques guillemots filent en mer, mais il n’y a vraiment pas de vent et la mer telle un miroir. Sur la plage de galets, je prends le temps de faire quelques images des Pipits maritimes plutôt coopératifs !

Pipit maritime sur la plage de Yusin
Pipit maritime sur la plage de Yusin
Pipit maritime sur la plage de Yusin
Pipit maritime sur la plage de Yusin
Pipit maritime sur la plage de Yusin
Pipit maritime sur la plage de Yusin

Un Tournepierre à collier se balade également dans le coin. Peu effrayé par ma présence, il se laissera bien approcher !

Tournepierre à collier sur la plage de Yusin
Tournepierre à collier sur la plage de Yusin
Tournepierre à collier sur la plage de Yusin
Tournepierre à collier sur la plage de Yusin
Tournepierre à collier sur la plage de Yusin
Tournepierre à collier sur la plage de Yusin

Nous continuons la balade en direction du phare du Creac’h.

Le phare du Creac'h depuis Yusin
Le phare du Creac’h depuis Yusin
Le phare du Creac'h depuis Yusin
Le phare du Creac’h depuis Yusin
traquet motteux, Yusin
traquet motteux, Yusin
traquet motteux, Yusin
traquet motteux, Yusin

Dans une petite baie à l’abri des vagues, plus importantes sur la pointe, des colverts se sont rassemblés ainsi qu’une Macreuse noire. La tête d’un Phoque gris apparaît de temps à autres alors que sur la grève, un Bécasseau violet s’alimente au milieu des tournepierres.

Phoque gris, Yusin
Phoque gris, Yusin
Bécasseau violet, Yusin
Bécasseau violet, Yusin

Mais c’est surtout sur le chemin du retour que nous attend la plus belle surprise de la journée : nous tombons par hasard sur un Bruant lapon qui s’affaire dans la végétation. Il est captivé par les graines qu’il trouve au sol. Nous l’observons d’abord de loin, nous nous installons tranquillement au sol et patientons. Il finit par s’approcher, de plus en plus … même trop ! Une observation que nous ne sommes pas prêts d’oublier !

Bruant lapon, Yusin
Bruant lapon, Yusin

Nouveau tour dans les stangs avec une belle observation de Gobemouche nain dans le stang d’Ar Reun Texto : un Pouillot boréal est annoncé dans le stang voisin, ça tombe bien ! A mon arrivée les ornithos sont déjà nombreux ! Le soleil décline, il fait déjà sombre, mais nous continuons à scruter tous les pouillots qui passent haut dans les arbres. Si la nuit tous les chats sont gris, on peut aussi dire que tous les pouillots se ressemblent ! Nous ne le reverrons pas mais ce sera une bonne occasion pour rigoler un peu !

Mardi 25 octobre. Dans le brouillard (et sans longue vue) … et bien le seawatch, c’est pas facile, mais on rigole bien !

Au petit matin nouveau passage rapide dans le stang d’Arland pour le Pouillot boréal mais je ne m’y attarderai pas trop ! Je fais bien, il ne sera pas revu. Pour midi, direction les falaises du phare du Creac’h où nous rejoignons d’autres collègues. Petite séance de seawatch … enfin tentative … non seulement le brouillard commence à monter mais, pour l’anecdote, j’avais oublié ma longue-vue à … Aix … et oui ça arrive ! en partant rapido le matin pour l’aéroport je l’ai laissée dans l’entrée de l’appart ! bref, heureusement que j’avais mon trépied … sans longue-vue j’avais l’air maline ! mais bon, j’ai malgré tout trouvé des âmes charitables qui m’ont permis d’observer les groupes de Dauphins communs qui croisaient au large.

Pointe de Pern dans le brouilard
Pointe de Pern dans le brouilard

La fin de la journée sera occupée par une petite balade dans le brouillard, peu d’oiseaux mais des ambiances sympas ! Un Traquet motteux, quelques craves, un Pipit de Richard dans les prairies, je crois, que pour les oiseaux c’est à peu près tout pour ce jour-là.

Crave à bec rouge, Pointe de Pern
Crave à bec rouge, Pointe de Pern

Une dernière tentative pour l’étourneau roselin de Lampaul, mais là encore le brouillard ça n’aide pas !

Mercredi 26 octobre. Un dernier Bruant nain pour la route !

Une semaine sur Ouessant ! que cela passe vite, ce soir déjà nous reprendrons le bateau pour Brest ! Un dernier tour matinal dans les stangs où je passerai du temps à scruter une rousserolle qui s’avèrera n’être qu’une effarvatte. Un Bruant nain est annoncé près de Lampaul. Dernière chance pour moi d’observer cet oiseau dans de meilleures conditions qu’à Kervasdoué. Quelle chance ! il est au bord du chemin dans un jardin ! à seulement quelques mètres de l’objectif ! Une bien belle dernière observation !

Bruant nain près de lampaul
Bruant nain près de lampaul
Bruant nain, Ouessant
Bruant nain, Ouessant

Nous avons encore un peu de temps avant de reprendre la mer. Nous passerons ces derniers instants là où nous les avions commencés : sur les falaises de Kadoran où, à nouveau, je sollicite les âmes charitables pour la longue-vue ! Pas de vent, la mer est toujours aussi lisse, donc peu d’oiseaux. Quelques Puffins des Baléares, 1 fuligineux qui passe assez loin et que je n’oserais pas ajouter à ma liste française ! Mais toujours quelques groupes de dauphins communs. La journée nous réserve une dernière surprise : le passage d’un cétacé de grande taille que nous aurons quelques difficultés à identifier. Probablement un Rorqual commun. L’heure du départ approche, et nous redescendons jusqu’au petit port du Stiff.

Le bateau du retour
Le bateau du retour

Nous quittons l’île et glissons sur une mer étale accompagnés par un groupe de Dauphins communs qui tenteront quelques timides sauts à l’arrière du bateau. A l’arrivée au Conquet, nous apercevons à nouveau quelques Grands dauphins. Cette fois-ci nous continuons notre route jusqu’à Brest par la mer. Alors que nous pénétrons dans la vaste rade, le soleil disparaît.

Entrée en rade de Brest
Entrée en rade de Brest

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