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Spot incontournable pour les naturalistes en voyage en Nouvelle-Zélande, la péninsule d’Otago accueille une flore et une faune riche et diversifiée. Albatros, manchots, lions de mer … il faut bien passer deux jours sur place pour profiter pleinement du site, et surtout deux soirées pour prendre le temps d’observer le retour des manchots sur leur site de nidification. D’origine volcanique, la péninsule s’étend parallèlement à la côte sur 20 km et elle est reliée à la terre à sa partie sud-ouest par un isthme de seulement 1,5 km de large.

Péninsule d’Otago map
Localisation

Mardi 15 janvier

Nous quittons la réserve d’Orokonui en début d’après-midi, direction Dunedin et la péninsule d’Otago, dernière étape du séjour pour Elise … Nous nous installons dans un camping non loin de la péninsule que nous gagnons après quelques tâches ménagères, nettoyage du van, lessives, courses et transfert des photos. En fin d’après-midi  nous gagnons la plage de Sandfly bay, réputée pour abriter une petite colonie de manchot antipode. Il faut bien 20 mn pour descendre jusqu’à la mer à travers la dune (Il faut prévoir plus de temps pour remonter !!).  Il est 18h et un manchot est déjà sorti de l’eau lorsque nous arrivons sur place. Nous avons raté ça. Par chance, il est encore visible, perché dans la végétation de la dune.

Sandfly bay dans la lumière du soir
Manchot antipode, plage de Sandfly bay

Nous nous installons en bordure de la zone de conservation marquée par des piquets. Notre patience est récompensée, nous repérons la tête d’un deuxième manchot qui finit par se dandiner sur la plage. L’individu est bagué. N’oublions pas qu’il est considéré comme l’un des manchots les plus rares au monde et les populations sont suivies de près. Nous passons toute la soirée à les observer, un grand moment du voyage. Ils sont désormais 3 dans la dune et criant et se répondant de temps à autre. Ils galèrent à grimper, redescendent, remontent, bref on ne s’ennuie pas à observer leurs va-et-vient ! Quant, tout à coup, l’un d’eux semble inquiet … Il avance, hésitant, et revient vers nous, d’un pas pressé … Son congénère, intrigué par son comportement hésite également à aller de l’avant. Une masse blanche fait alors son apparition sautant en limite de visibilité, une femelle de lion de mer ! C’est parti pour un sprint en direction de la mer. Les manchots effrayés par leur prédateur naturel ne prêtent plus du tout attention à notre présence et passent à proximité. Ce n’est qu’une fois le danger écarté qu’ils refont surface et repassent devant nous pour rejoindre leur dune. Une belle scène de vie !

Manchot antipode, plage de Sandfly bay
Manchot antipode, plage de Sandfly bay
Manchot antipode, plage de Sandfly bay

Pas facile en revanche de faire des images dans ces conditions. Cela fait un moment que le soleil est passé derrière l’horizon, et j’ai beau augmenter les ISO, avec la distance et le mouvement, le rendu n’est pas terrible. C’est à notre tour de remonter la dune de nuit.

Manchot antipode dans les dunes de sandfly bay

Mercredi 16 janvier

Nous retournons au petit matin sur la péninsule d’Otago et profitons de la jolie lumière pour faire quelques images du site.

Péninsule d’Otago depuis Sandymount

Mais nous comptons bien profiter de ces bonnes conditions pour gagner le site de reproduction des albatros situé au bout de la péninsule. Le temps change vite ici, ça serait dommage d’y arriver sous la pluie. De hautes falaises accueillant la reproduction de mouettes scopulines  marquent la fin de la péninsule. Ce sont sur ces pentes enherbées qu’une petite colonie de d’albatros de Sanford a élu domicile.

Taiaroa Head

Nous nous rendons au centre pour visiter la colonie. Comme en Australie, les néozélandais ne font pas les choses à moitié … café, boutique de souvenir, nous avons l’impression de rentrer dans un parc d’attraction … d’un certain point de vue c’est un peu le cas. Nous devons patienter pour la prochaine visite disponible. Mieux vaut donc venir de bonne heure pour être certain d’avoir de la place … Notre tour arrive enfin, et c’est avec un petit groupe de touristes que nous gagnons l’observatoire sur cette unique colonie d’albatros unique au monde : c’est la seule à s’être installée sur une terre habitée. Déception toutefois, ce n’est qu’à travers des vitres que nous pouvons observer et photographier l’unique oiseau au nid. De temps à autre nous observons également 2 autres oiseaux en vol. Nous ne pouvons pas rester bien longtemps d’ailleurs sur le site. Un peu frustrant d’un point de vue photographique mais au moins la colonie est bien protégée contre toute forme de dérangement. L’activité touristique n’a pas d’impact sur leur reproduction, c’est l’essentiel !

Albatros de Sanford, Taiaroa Head colony
Albatros de Sanford, Taiaroa Head colony
Albatros de Sanford, Taiaroa Head colony
Albatros de Sanford, Taiaroa Head colony
Albatros de Sanford, Taiaroa Head colony

Les oiseaux nicheurs arrivent à Taiaroa Head en septembre. Ils nidifient au début de novembre et un oeuf est pondu dans les trois semaines suivantes – un seul par paire, tous les deux ans. Les parents partagent l’incubation pendant des périodes de deux à huit jours sur une période de 80 jours. Les poussins éclosent de fin janvier à début février. Les parents se relaient pour garder le poussin les 35 premiers jours afin de le protéger des prédateurs. Il est nourri à la demande pendant les 20 premiers jours, puis la fréquence des repas diminue à trois ou quatre fois par semaine. La quantité de repas peut atteindre 2 kg de calmar et de poulpe par jour en hiver. À partir du début d’août, le poussin est moins nourri et en septembre, une fois pleinement développé, il teste ses ailes déployées et décolle finalement à l’aide d’un fort vent. Le jeune albatros royal passera les trois à cinq prochaines années en mer, sans jamais toucher la terre durant cette période. Beaucoup retournent ensuite dans ce promontoire unique pour se reproduire à leur tour. L’essentiel de la population d’albatros de Sanford se reproduit dans les îles Chatham (99% du total) : 6 500 à 7 000 couples, avec 5 200-5 800 couples se reproduisant chaque année. Ce nombre équivaut approximativement à une population totale de 17 000 individus matures. Avec 30 couples se reproduisant chaque année, la colonie de Taiaroa Head représente seulement 1% de la population.

L’Albatros de Sanford (Northern royal albatross – Diomedea sanfordi) ne doit pas être confondu avec l’albatros royal (Southern royal albatross – Diomedea epomophora) que nous avions observé en mer à Kaikoura. Les adultes de l’Albatros royal ont au moins un peu de blanc sur les ailes supérieures (sinon principalement) et les juvéniles ont des ailes supérieures noires, mais se distinguent des albatros de Sanford par un bord d’attaque blanc en haut des ailes et par l’absence de noir sur le bord d’attaque situé entre l’articulation du carpe et l’aile.

Royal Albatross centre

Northern roayal albatross nzbirdsonline

Nous reprenons la visite de la péninsule. Prochaine escale : la balade côtière menant à Victory beach. Nous longeons une vaste lagune où échasses d’Australie, aigrettes à face blanche, tadornes de paradis … s’alimentent. Un parking marque la fin de la piste, et nous partons à pieds à travers les dunes parsemées d’orgues basaltiques. Nous continuons à chercher le fougère de Nouvelle-Zélande (fernbird) toujours sans succès.

The pyramids, chemin pour Victory beach

Nous finissons par arriver à la plage que nous longeons jusqu’à la pointe en espérant y observer des lions de mer. Nous devrons nous contenter d’otaries à fourrure, bien camouflées au milieu des blocs rocheux.

Victory Beach
Otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande, Victory beach
Otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande, Victory beach
Otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande, Victory beach

Nous nous calons tranquillement pour les observer, surveillées de près par un cormoran ponctué. Mais la journée passe vite et désireuses d’observer à nouveau les manchots antipodes nous rebroussons chemin.

Cormoran ponctué, Victory beach

Nous arrivons en fin d’après-midi sur la plage de Sandfly Bay ce qui nous laisse le temps de balader sur la plage. Nous les repérons de loin … c’est eux que nous cherchions, un couple de lion de mer se roule dans le sable, se dressant quelques instants avant de s’allonger à nouveau. Nous nous approchons en respectant la distance de sécurité de 20m. Il faut dire que les bêtes sont imposantes, les mâles adultes mesurent entre 2,40 et 3,50 m de long et pèsent entre 320 et 450 kilogrammes, tandis que les femelles adultes mesurent entre 1,80 et 2m et pèsent de 90 à 165 kilogrammes. Le lion de mer de Nouvelle-Zélande, appelé également lion de mer de Hooker, est endémique et considéré comme une espèce menacée. C’est parti pour une jolie série de photos d’instants de tendresse.

Couple de lion de mer sur la plage de Sandfly bay
Couple de lion de mer sur la plage de Sandfly bay
Mâle de lion de mer sur la plage de Sandfly bay
Mâle de lion de mer sur la plage de Sandfly bay
Couple de lion de mer sur la plage de Sandfly bay
Couple de lion de mer sur la plage de Sandfly bay

Lion de mer de Nouvelle-Zélande -DoC

Gull rocks, Sandfly bay
Mouette scopuline sur la plage de Sandfly bay
Mouette scopuline sur la plage de Sandfly bay
Fin de journée sur Sandfly bay

La soirée approchant nous retournons au pied de la dune. Une fois encore nous nous émerveillons devant le passage des manchots. Mais aujourd’hui, c’est la journée sealion ! Un gros mâle sort de l’eau et nous fait face, imposant, et commence à avancer vers nous, s’arrêtant de temps à autre comme pour nous évaluer. Trop peu de lumière pour faire des photos, mais je filme. Quand je suis contrainte de dézoomer  pour le garder dans la cadre, on commence à s’interroger sur le moment où nous devrons prendre la fuite. Notre inquiétude s’accroît lorsque nous apercevons un deuxième mâle arrivant en courant. Finalement, ils nous oublient, entrant en conflit entre eux. Nouveau moment fort sur cette plage. Elise finit sa dernière soirée néozélandaise en beauté !

Otago peninsula brochure

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