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Mardi 20 août

Papiloa est à l’heure et m’attend déjà quand j’arrive devant l’entrée de l’hôtel. J’ai essayé d’arranger un peu ma tête pour tenter de ressembler plus à une femme qu’à une baroudeuse échevelée et esseulée au bout du monde. Cela semble avoir fonctionné, le petit fils me demande de poser devant l’entrée avec le panneau de bienvenue pour poster la photo sur leur site. Je me prête à la pose de bonne grâce et nous voilà partis. Papiloa dépose le jeune homme à l’école où il étudie le français pour mieux accueillir les prochains touristes. Sur le chemin, elle me confie qu’elle a déjà 85 ans mais qu’elle reste jeune dans sa tête, c’est ça qui la maintient tant en forme. Nous blaguons un bon bout de chemin, et échangeons sur les façons de voir calédoniennes et tongiennes, de ce fameux vivre au jour le jour sans prévision ni prévoyance auquel elle ne semble pas adhérer non plus. Elle me demande ce qu’ils pourraient améliorer dans la chambre. Il vaut mieux me le dire à moi et n’écrire que le positif sur le commentaire du site ! Je lui avoue que de véritables rideaux pour voiler le lampadaire ne seraient pas du luxe et qu’il serait commode de pouvoir ouvrir la fenêtre qui donne sur le balcon ! Nous finissons par arriver à l’aéroport, il est 8h, comme demandé sur la fiche d’embarquement, pour un départ prévu à 10h … il ne s’agit pas d’un vol international que je sache ! Je comprends vite la raison de ce délai. Bagages et passagers sont scrupuleusement passés à la pesée. Tout à coup surgissent en moi les souvenirs enfouis de mon passé de judokate et le stress remonte en moi. Serai-je dans la bonne catégorie ?? Là c’est le poids de mon sac à dos et du matos photo qui m’inquiète. J’essaie de me rassurer en voyant passer certains passagers au gabarit imposant, ils ont bien le droit de monter … je devrais passer même avec mon 100/400 … Arrive mon tour … Je dépose, anxieuse comme si j’allais passer un examen, mon sac en soute sur la balance. 17kg … je suis obligée de payer un supplément de 100TOP car la limite autorisée pour le vol que j’ai réservé est de 15kg. La carte bien entendue ne passe pas et le gars un peu désolé part en chercher une autre. C’est ok cette fois-ci. A mon tour de passer sur la balance avec mon sac à dos et mon petit ordi portable. Ouf, ça passe ! Mais mon vol ne sera finalement pas celui initialement prévu qui fait une escale à Happai. Le vol direct partira à 11h, ben au moins je ne suis pas en retard. 11h arrive, mais suite à un problème technique ou je ne sais quoi l’avion qui vient pourtant d’atterrir ne repartira pas … Par chance, on nous bascule sur le prochain qui partira à 14h …. Heureusement j’avais prévu de prendre avec moi mon roman australien que je terminerai d’un trait et qui s’achève sur une phrase qui résonne dans mon esprit pour ce voyage en solitaire : « C’est moi qui pars, une nouvelle fois, pourtant j’ai l’impression que c’est le monde qui m’abandonne ». Mon avion finit par décoller et survole l’archipel d’Happai. Au loin se dresse le fameux volcan que j’aurais aimé visiter mais peu d’expéditions semblent possibles, avant d’atterrir sur Vava’u recouvert d’une mer de nuages. Avec ces multiples changements, mon pick-up a dû se perdre et je suis récupérée par le taxi d’une autre pension qui semble lire mon besoin d’aide sur mon visage. Il me dépose au bon endrit (30§ la course). Par chance ma pension est bien située, juste sur le port et près du centre-ville. Je pose mes affaires et part faire un tour jusqu’au centre d’information pour planifier mon jeudi où je n’ai rien de prévu. Les femmes sont très accueillantes, et me proposent de louer une voiture. Mais je crois que j’ai ma dose de conduite et que j’ai envie de profiter de la mer pour ces deux dernières journées à Tonga. Je réserve donc pour une sortie snorkeling, j’aurai ainsi mon idée sur les fonds ici. Passage au centre d’art où je prends le temps de parler un bon moment avec la vendeuse. Le fait que je vienne de Calédonie l’intéresse et elle me pose de nombreuses questions. Coutume, costumes traditionnel, le kava ? Ici à Tonga seuls les hommes en boivent à l’occasion des cérémonies. Elle est étonnée quand je lui apprends qu’en Calédonie il y a des nakamals où l’on peut se rendre entre amis comme s’il s’agissait de bars. Elle me confie n’avoir jamais testé. Elle ne perd pas grand-chose. Je rentre à ma chambre après avoir fait deux courses. Repas pris au resto de touristes sur le port. Ambiance totalement différente que sur les autres îles, Tonga me semble loin et je confirme que les voyages en solitaires ne sont pas faits pour moi.

Neiafu, Vava’u

Mercredi 21 août

Le réveil sonne à 6h, vraiment dur de se lever, même pour aller plonger avec les baleines !!! le ciel est encore bien couvert. J’ai RDV à 7h non loin d’ici mais je me débrouille pour arriver tout juste au départ du bateau. Juste le temps de récupérer une combi et me voilà à bord. C’est une petite embarcation et nous sommes 8 touristes, une famille américaine, une chinoise prof de snorkeling et une mamie toute seule, le capitaine et la guide. Nous slalomons au milieu des nombreux îlots sur une mer pour l’instant encore sombre. Une première baleine est rapidement repérée, elle est vraiment balaise et la guide l’estime à 10m. 2 équipes sont formées, on ne peut aller à l’eau que 4 à la fois et je fais partie de la deuxième fournée. Une mise à l’eau est tentée mais la visibilité n’est pas très bonne. La baleine s’éloigne et l’équipe décide de ne pas insister.

Baleine à bosse, Vava’u

Nous gagnons le large où pêchent de nombreux noddis noirs. A nouveau deux baleines se signalent par leurs sauts au loin. L’approche est vraiment calme et respectueuse. Au moins ils prennent le temps de bien observer le comportement des animaux. Cette fois-ci c’est bon on peut aller à l’eau. Les deux baleines sont paisibles en-dessous de nous, l’une sur l’autre. Pas facile de les discerner dans cette eau aux nombreuses particules. Entre temps, le ciel s’est dégagé et les rayons du soleil s’éclatent en des milliers de points étincelants. Elles finissent par remonter, c’est toujours un grand moment. Chaque groupe fera deux mises à l’eau avec ce couple que nous laissons s’éloigner.

Baleine à bosse, Vava’u

Il y a plusieurs opérateurs sur l’eau mais l’ambiance est sereine et chacun semble occupé avec ses propres baleines. Enfin je n’aperçois que 2 autres bateaux à l’horizon, ce qui ne me donne pas une impression de sur-pression, mais on ne peut pas se fier aux impressions d’une seule sortie, à écouter les gens ici, il semble que les structures de whalewatching sont très nombreuses et qu’il y ait malgré tout un impact. Il est donc impératif de choisir une structure agrémentée pour ne pas encourager le whalewatching sauvage. Pour la pause méridienne nous gagnons les abords d’un îlot. J’en profite pour faire un peu de snorkeling, les fonds ne sont pas fous mais en apnée, j’entends au loin le chant des baleines. C’est quand même génial.

Ilot aux eaux turquoise

Nous retentons l’approche d’un nouvel animal en début d’aprem mais il n’est pas coopératif et l’équipe n’insiste pas. Pour finir la sortie, nous gagnons swallows cave pour un peu de snorkeling, superbe cadre et tombant impressionnant où l’on ne voit pas le fond.

Swallows cave, Vava’u
Les côtes de l’archipel de Vava’u

J’avoue qu’en rentrant à terre la fatigue commence à se faire sentir et je prendrai le temps d’un bon repos.

Jeudi 22 août

Ce matin j’ai le temps de dormir un peu. Mon excursion de snorkeling avec Rikki ne part qu’à 9h juste devant mon appartement. Au top. Rikki est un kiwi venu s’installer ici à l’écart de la civilisation, trop affligé de voir les transformations et l’urbanisation intensive autour d’Auckland, sa ville d’origine. Nous embarquons sur son petit bateau et entamons la discussion. Une large tortue fait son apparition sur les eaux calmes, j’allais dire du fjord, mais du chenal qui permet de relier les îlots entre eux. Sur l’un d’entre eux, nous récupérons une touriste américaine. Nous ne serons que nous 3 pour cette sortie presque VIP. Le temps est top et le cadre splendide, au loin le saut d’une baleine attire notre attention.

Escapade dans l’archipel de Vava’u
Les îlots de Vava’u

Nous glissons sur l’eau turquoise entre des îlots d’un vert vif. Mais je dois avouer que les fonds n’arrivent pas à la cheville de ceux de la Calédonie. Nous testons plusieurs spots, le long de falaises sans cesse rongées par la mer. La végétation est dense et les chants des oiseaux intenses. Parmi eux on décèle celui du siffleur de Tonga que je n’ai toujours pas coché. Rikki me confie qu’il en voit tous les matins dans son jardin. Ça me remotive un peu pour le chercher ! La tête dans l’eau, je m’entraîne un peu à l’apnée. Le dernier spot que nous ferons sera probablement le plus joli avec un petit tombant recouvert de coraux multicolores. Pas un seul requin à l’horizon, c’est fou ! En surface nous observons de nombreux groupes de noddis auxquels se mêlent quelques gygis. De temps en temps, l’ombre d’un fou brun nous contraint de lever la tête. Nous faisons malgré tout un dernier stop. Rikki, qui n’avait pas encore été à l’eau bien trop froide pour lui en cette saison, enfile sa combi pour venir me montrer des hippocampes. Il en trouve 2. En retournant au bateau, je trouverai une petite langouste également, il y a de la vie malgré tout.

Il est 14h passé lorsque nous revenons sur la terre ferme. Dernière véritable journée à Tonga, c’est ma dernière chance d’observer le siffleur. Je m’enquiers, où puis-je aller ? Le mont Talau est le site le plus accessible à pieds depuis le village et où on a des chances de l’observer. Parfait, je tenterai ma chance même si le matin est plus favorable. Il fait encore chaud, je prends le temps de me poser un peu. Vers 15H30, je pars. Il faut en effet une grosse demi-heure pour atteindre le « Parc national » du Mont Talau. Des escaliers permettent de grimper au sommet où deux plateformes sont installées surplombant la ville, joli cadre.

Vue sur Vava’u depuis le mont Talau
Vue sur Vava’u depuis le mont Talau

De nombreux oiseaux s’activent, principalement des méliphages foulehaio. Mais, force de patience, je finirai par observer un couple de siffleur, et ferai quelques images, mais l’oiseau est discret et furtif. Je peux quitter Tonga l’esprit serein.

Siffleur des Tongas, Mont Talau
Siffleur des Tongas, Mont Talau, Vava’u

Je redescends tranquillement quand j’aperçois les deux espèces de pigeon dans le même arbre. Je n’avais pas encore fait d’image du carpophage pacifique. Lui aussi est dans la boîte maintenant. Cette petite sortie improvisée aura été productive !

Carpophage pacifique et Ptilope de Clémentine, Mont Talau, Tonga
Carpophage pacifique, Mont Talau, Tonga
Ptilope de Clémentine, Mont Talau

Il n’y a plus qu’à profiter du coucher de soleil pour clore ce trip sur Vava’u.

Coucher de soleil sur le port de Neiafu
Coucher de soleil sur le port de Neiafu
Coucher de soleil sur le port de Neiafu

Vendredi 23 août

Ce matin je quitte Vava’u. Préparation des affaires et mon taxi me récupère à 9h30. Sur le trajet nous discutons sur ce que l’on mange à Tonga, points communs et différences avec la Calédonie. Ici, on mage tout me confie-t-il, de la roussette au chien en passant par poulet, poisson et cochon. Nous rions beaucoup et le trajet passe vite. Cette fois-ci l’enregistrement est rapide. J’ai toujours mes 2kgs en plus mais je paye bien moins cher, et pas de pesée … l’avion est peut-être plus gros. J’arrive même en avance sur l’horaire prévu. J’avais réservé à l’hôtel au nord de Tongatapu avec un taxi (80 TOP). Certes c’est à l’autre bout de l’île, mais c’est près d’une plage où je pourrai profiter de mes dernières heures sur Tonga. Le petit snack de l’hôtel propose des burgers, cela fera très bien l’affaire. Petit tour à la plage protégée par une petite barrière. Les fonds ne sont pas exceptionnels mais les poissons nombreux. La baignade est somme toute bien agréable. J’observerai en cette fin de journée une frégate rentrant à terre … le signe qu’il est temps aussi pour moi de songer à rentrer.

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