La presqu’île de Giens

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Le double tombolo formant la presqu’île de Giens est un site exceptionnel et sauvage.

D’octobre à avril, période durant laquelle la route du sel est fermée, vous aurez plaisir à vous promener entre mer et salins, le long des dunes. On en oublierait presque la foule et la file de voitures de la période estivale !

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En hiver, l’ambiance est plus paisible. Seules quelques personnes baladent sur la route attaquée par le sable et la mer tandis que quelques rares planchistes affrontent les vagues. C’est la période où les oiseaux marins sont nombreux à s’abriter dans la baie de l’Almanarre. Les Plongeons arctiques Gavia arctica sont des hivernants réguliers et peuvent former des petits groupes d’une dizaine d’individus. Il arrive qu’un Plongeon imbrin Gavia immer se mêle à eux. Plus rare, le Pingouin torda Alca torda, hivernant pourtant commun en Méditerranée, séjourne parfois dans la baie. Les Grands Cormorans Phalacrocorax carbo ainsi que les Grèbes huppé Podiceps cristatus sont quant à eux nombreux en cette saison à pêcher sur le site. Il est également possible d’observer, à l’occasion, des Macreuses brunes Melanitta fusca ou des Eiders à duvet Somateria mollissima. Les jours où les vents sont plus importants, certains oiseaux sont rabattus vers la côte comme les Fous de Bassan Morus bassanus qui se livrent alors à leur impressionnante partie de pêche. Les Sternes caugeks Sterna sandvicensis en hiver sont remplacées au printemps par les Sternes naines Sterna albifrons et les Sternes pierregarins Sterna hirundo qui nichent sur les îlots dans les salins. La proximité de la mer leur assure des ressources trophiques non négligeables.

Sterne caugek

Sterne caugek Sterna sandvicensis

Pingouin tora

Pingouin torda Alca torda

Plongeon arctique

Plongeon arctique Gavia arctica

La route est bordée de ganivelles qui permettent de protéger les dunes où s’alimentent de nombreux passereaux. En plein hiver, il n’est pas rare d’y observer, parmi les Pipits farlouses Anthus pratensis, des Bruants des neiges Plectrophenax nivalis, voire même un Bruant lapon Calcarius lapponicus, ce-dernier étant bien plus occasionnel.

Bruant des neiges

Bruant des neiges Plectrophenax nivalis

Bruant des neiges

Bruant des neiges Plectrophenax nivalis

Au printemps, ces dunes accueillent également une flore riche et remarquable. Si le Pancrace maritime Pancracium maritimum, appelé également Lis de mer, attire l’attention des visiteurs l’été, d’autres plantes plus discrètes, sont d’une extrême rareté. C’est le cas d’une crucifère, la Matthiola tricuspidata, qui n’existe en France que sur le cordon occidental du tombolo. Une trentaine d’espèces d’orchidées sont également présentes. Enfin, n’oublions pas les insectes, également nombreux sur le site comme ces Anoxia australis, présents en très grand nombre au début de l’été dans les dunes de La Capte.

Anauxia australis

Anoxia australis

Depuis la route du sel, vous pouvez également observer les oiseaux dans les salins d’Hyères, réserve ouverte au publique seulement dans le cadre de sorties organisées par TPM et la LPO PACA. Un observatoire est d’ailleurs installé au bord de la route à cet effet et des permanences ornithologiques y sont tenues le 1er dimanche de chaque mois par les ornithologues amateurs de la LPO. Depuis cette plateforme, nous dominons une digue servant de reposoirs à de nombreux oiseaux : Grands cormorans, ardeidés … à gauche, un bassin très poissonneux attire en hiver Grèbes huppés, Grèbes à cou noir Podiceps nigricollis, et, chaque année, un petit groupe de Harles huppés Mergus serrator. D’autres canards sont présents durant la période hivernale. Les plus nombreux sont probablement les Canards siffleurs Anas penelope. Les Canards chipeaux Anas strepera et les Canards souchets Anas clypeata présentent des effectifs plus réduits. Mais la star incontestée du site reste le Flamant rose Phoenicopterus roseus qui peut être observé toute l’année, ses effectifs étant néanmoins très variables en fonction des saisons.

Grèbe à cou noir

Grèbe à cou noir

Harle huppé

Harle huppé

Flamant rose

Flamant rose

Salin des Pesquires

Salin des Pesquiers

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Le bout de la presqu’île et son sentier littoral sont également incontournables ! Le départ de la balade se fait depuis la pointe des chevaliers où il est possible de se garer, et décrit une boucle.Carte-giens

Durée : minimum 4h

Certains passages étant un peu escarpés, il est indispensable de bien se chausser !

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Dès le début de la rando, les paysages sont exceptionnels. Depuis la pointe, le panorama s’ouvre sur toute la baie : au premier plan, des îlots où nichent les Goélands leucophées, la Baie de l’Almanarre, le tombolo, le Cap de Carqueiranne, et plus loin le Cap Sicié. Scruter bien les rochers en contrebas ainsi que les îlots, il n’est pas rare d’y observer un Cormoran huppé de Méditerranée, généralement des individus immatures.

Goéland leucophée

Goéland leucophée

Cormoran huppé de Méditerranée

Cormoran huppé de Méditerranée

Suivez le sentier qui continue au milieu du maquis (arbousiers, barbe de Jupiter, cistes …) et des éboulis fréquentés par le discret Campagnol des neiges. Cette espèce inféodée aux milieux rocheux porte en effet bien mal son nom !

Perché depuis un piton rocheux, une femelle de Faucon pèlerin guette sa proie, un Monticole bleu, avant de fondre sur elle à toute blinde. Au mois de février, vous pourrez admirer les parades de ce rapace emblématique qui niche dans d’inaccessibles falaises. Il n’est en effet pas rare de l’observer depuis le sentier, en vol au-dessus de la mer ou de la pinède.

Le passage migratoire pré-nuptial est pour les faucons une période de festin. Les passereaux sont nombreux à affluer sur la pointe : Gobemouches noirs, Gobemouches gris, Tariers des prés, Pouillots fitis … Arrivés tout droit d’Afrique et exténués, ils sont une proie facile pour les rapaces. La pointe des Chevaliers, présentant des buissons épars au milieu d’un maquis ouvert est propice à l’observation de ces migrateurs.

Presqu'île de Giens

Presqu’île de Giens

D’autres migrations s’effectuent quant à elles plus au large. Depuis les pointes à l’ouest du parcours, pointez une longue-vue vers le large en fin de journée pour observer le passage des Puffins yelkouans et des Puffins cendrés.

Puffin yelkouan

Puffin yelkouan

Puffin cendré

Puffin cendré

Les soirs d’été, si vous poursuivez votre balade jusqu’au crépuscule, vous assisterez au concert des Petits-ducs scops, rapaces nocturnes migrateurs, très nombreux dans la pinède, en particulier en mai, lors de leur arrivée sur le continent.

Mais les oiseaux ne sont pas le seul intérêt pour le naturaliste en balade. Depuis le bord, à l’aide de jumelles, par temps calme, scrutez les vagues à la recherche des ailerons des Grands dauphins qu’il est possible d’observer avec un peu de chance !

Grand dauphin

Grand dauphin

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