Les Salins d’Hyères

FacebookTwitter

Accueil / Balades en France / Balades en PACA / Var / Salins d’Hyères

Les salins d’Hyères sont un important réservoir de biodiversité. Intégré au réseau Natura 2000 au titre de La Directive Habitat ainsi qu’au titre de la Directive Oiseaux, le site a également reçu le 15 septembre 2008 le label « Ramsar », « zone humide d’Importance Internationale ».

Les Salins d’Hyères sont composés de plusieurs espaces. Les 3 principaux sont les Vieux Salins, le Salin des Pesquiers et l’Etang Redon. (Voir carte générale).

Les Salins d'Hyères

Les Salins d’Hyères

Propriété du Conservatoire du littoral, la gestion a été confiée à TPM « Toulon Provence Méditerranée ». L’activité d’exploitation du sel étant aujourd’hui terminée, la gestion a aujourd’hui un double but de conservation de la biodiversité et de sensibilisation du public. La LPO PACA assure depuis 2001 le suivi ornithologique ainsi que l’accueil du public.

Pont romain

Pont romain

Comment visiter le site ?

Le site étant fermé au public, il n’est possible de le visiter qu’en s’inscrivant aux sorties organisées régulièrement par le gestionnaire (visites sur l’exploitation du sel), ou par la LPO (sorties ornithologiques)

Sur les Vieux Salins, la Levée de Saint-Nicolas est en accès libre et permet de rejoindre l’Espace nature où vous pourrez vous renseigner sur les dernières observations ainsi que découvrir une exposition.

Espace nature

Espace nature

Il est également possible d’observer les oiseaux depuis l’extérieur du site. Sur les Vieux-salins, une plateforme d’observation est installée avant le parking de la plage (voir carte ci-dessous).

Les Vieux salins d'Hyères

Les Vieux salins d’Hyères

Le Salin des Pesquiers est visible depuis la route du sel où un observatoire permet d’avoir une vue dominante sur les bassins. L’étang Redon, qui attire en toute saison de nombreux oiseaux, est bien visible depuis la piste cyclable qui longe la route.

Les Salins des Pesquiers

Les Salins des Pesquiers

Salin des Pesquiers

Salin des Pesquiers

Au total, près de 300 espèces d’oiseaux ont pu être observées sur le site. Si les salins d’Hyères constituent un site majeur pour la reproduction des laro-limicoles sur la façade méditerranéenne française, il ne faut pas oublier son rôle pour l’hivernage et la migration des oiseaux.

En hiver, les salins accueillent une importante population de canards, aussi bien des canards de surface que des canards plongeurs. Canards siffleurs Anas penelope, Colverts Anas platyrhynchos, Canards chipeaux Anas strepera ou encore Canards souchets Anas clypeata, trouvent sur les salins les ressources trophiques nécessaires en cette période hivernale. De même les bassins poissonneux des Pesquiers attirent chaque année un groupe de Harle huppé Mergus Serrator (environ une quinzaine d’individus) auxquels se mêle plus épisodiquement un Harle bièvre Mergus merganser (ce fut le cas par exemple durant l’hiver 2012). Les Grèbes huppés Podiceps cristatus, Grèbes à cou noir Podiceps nigricollis et Grands cormorans Phalacrocorax carbo sont également présents en grand nombre durant cette période. Il n’est pas rare qu’un Plongeon arctique Gavia arctica, hivernant régulier dans la Baie de l’Almanarre, vienne aussi pêcher dans les salins. Parmi les raretés, nous pouvons noter l’observation épisodique d’espèces comme l’Harelde boréale Clangula hyemalis, le Harle piette Mergullus albellus, l’Eider à duvet Sommateria mollissima, ou encore le Plongeon imbrin Gavia immer. Tous ces oiseaux peuvent être observés depuis la Route du Sel.

Harelde boréale

Harelde boréale

Les ardeidés sont des hôtes réguliers du site : Grande Aigrette Casmerodius albus, Héron cendré Ardea cinerea et Aigrette garzette Egretta garzetta se concentrent souvent autour des entrées d’eau où la pêche est plus facile.

Héron cendré

Héron cendré

Grande Aigrette

Grande Aigrette

Le Martin pêcheur Alcedo atthis, qui n’est présent sur le site qu’en hiver, n’est pas le dernier à participer aux réjouissances.

Les Salins d’Hyères jouent aussi un rôle important dans l’hivernage des limicoles, en particulier pour les Gravelots à collier interrompu Charadrius alexandriunus. Les Bécasseaux variables Calidris alpina et les Bécasseaux minutes Calidris minuta sont aussi présents et forment des groupes importants sur les zones de vasières. D’autres limicoles, aux effectifs plus réduits,  peuvent être observés en hiver : le Pluvier argenté Pluvialis squatorola, le Courlis cendré Numenius arquata ou encore le Vanneau huppé Vanellus vanellus.

Courlis cendré (Hyères, 83)

Courlis cendré (Hyères, 83)

Cette abondance d’oiseaux, proies potentielles, constitue un garde-manger de choix pour les Faucons pèlerins Falco peregrinus, qui viennent à l’occasion chasser sur le site.

Dès le mois de mars, les mouvements migratoires débutent. La mi-avril marque le pic d’arrivée pour les limicoles et les passereaux. C’est la période où le site accueille la plus grande diversité d’espèces, même si la plupart ne sont que de passage. Les limicoles sont nombreux dans les vasières aussi bien dans les Pesquiers que sur les Vieux Salins ou l’étang du Redon : Chevaliers guignette Actitis hypoleucos, Chevalier gambette Tringa totanus, Chevalier arlequin Tringa erythropus, Chevalier aboyeur Tringa nebularia, Chevalier sylvain Tringa glareola, Grand Gravelot Charadrius hiaticula, Petit Gravelot Charadrius dubius ou encore Combattant Philomachus pugnax, sont les plus représentés.  D’autres limicoles plus rares sont observés annuellement comme le Chevalier stagnatile Tringa stagnatilis ou le Bécasseau de Temminck Calidris temminckii.

Sur les pistes quelques alouettes se dissimulent dans la végétation et décollent à l’approche d’un véhicule : une Alouette calandrelle Calandrella brachydactyla, ou, plus rarement, une Alouette calandre Melanocorypha calandra. Avec un peu de chance, vous tomberez peut-être même sur un Pipit à gorge rousse Anthus cervinus.

Dans les buissons retentissent les cris des Pouillots fitis Phylloscopus trochilus, les Gobemouches noirs Ficedula hypoleuca, Gobemouches gris Muscicapa striata, Rougequeues à front blanc Phoenicurus phoenicurus, Rossignols, fauvettes …

Les Sarcelles d’été Anas querquedula, elles aussi de passage, peuvent être observées principalement pendant la deuxième quinzaine de mars et se mélangent aux Sarcelles d’hiver Anas crecca retardataires.

Quelques rapaces survolent également le site pendant leur voyage en direction de l’Est : Circaètes Circus gallicus, Bondrées apivores Pernis apivorus, Faucons hobereaux Falco subuteo s’attardent assez peu pendant leur migration.

Petit à petit les reproducteurs s’installent. Sur les Vieux-Salins, en voici un qui ne passe pas inaperçu : le Chasseur d’Afrique. Quelques couples de Guêpier d’Europe Merops apiaster s’installent ou tente de s’installer chaque année sur le site. Ils peuvent être facilement observés depuis l’Espace nature qu’ils survolent lors de leur chasse en poussant leur cri caractéristique. Plus discret, le Coucou geai quant à lui, cherche les nids de pie dans les pins qu’il parasite.

Guêpier d'Europe

Guêpier d’Europe

Guêpier d'Europe

Guêpier d’Europe

De nombreux passereaux nichent également sur les Salins d’Hyères. Parmi les plus emblématiques, citons la Bergeronnette printanière Motacilla flava, le Cochevis huppé Galerida cristata (peu fréquent dans le Var) ou encore le Pipit rousseline Anthus campestris.

Les salins d’Hyères sont un site important pour la reproduction des laro-limicoles : Goélands railleurs Chroicocephalus genei, Mouette rieuse Chroicocephalus ridibundus (environ 30 couples), Sterne pierregarin Sterna hirundo (effectifs en hausse ces dernières années – une cinquantaine de couples), Sterne naine Sterna albifrons (une soixantaine de couples), Gravelot à collier interrompu Charadrius alexandrius(une dizaine de couples), Echasse blanche  Himantopus himantopus (environ 80 couples) et Avocette élégante Recurvirostra avosetta (plus d’une centaine de couples) se reproduisent chaque année sur le site.

Échasse blanche

Échasse blanche

Barge à sternes

Barge à sternes

Le Goéland railleur est une espèce inféodée aux milieux de lagune du pourtour méditerranéen. Les principaux sites de nidification en France se situent en Camargue gardoise ainsi que du côté PACA. Mais en 2009 une nouvelle colonie s’est installée sur les salins d’Hyères s’y reproduit depuis chaque année. Un programme de baguage piloté par la Tour du Valat permettra de mieux connaître les déplacements de ces oiseaux, leur philopatrie et les échanges entre les sites.

Goéland railleur immature

Goéland railleur immature

Goéland railleur - Hyères

Goéland railleur – Hyères

Le Tadorne de Belon Tadorna tadorna (une trentaine de couples) niche aussi bien sur les Pesquiers que sur les Vieux salins. Il s’installe dans des terriers le long des digues ou des îlots. Une fois les œufs éclos, ils forment des crèches gardées par un seul couple, permettant ainsi aux autres adultes d’entamer leur migration de mue vers la mer des Wadden. A la fin de l’été, il en reste assez peu sur les salins et ils ne reviendront qu’une fois leur mue terminée.

Tadorne de Belon

Tadorne de Belon

Tadorne de Belon

Tadorne de Belon

Les Mouettes rieuses nichent exclusivement sur l’Etang Redon, sur les îlots au milieu des salicornes.

Les avocettes préfèrent quant à elles les ilots de sable et gravillons à végétation clairsemée. Leur nid est une simple cuvette où les œufs sont déposés. L’avocette peut former des colonies mixtes avec les autres laro-limicoles comme les sternes. L’avantage se trouve dans la lutte face aux prédateurs : à l’approche d’un Goéland ou d’un rapace, sternes, avocettes, échasses et railleurs décollent et harcèlent violemment le prédateur. Parfois en vain : pendant que tous sont détournés, une pie ou une corneille en profite pour chaparder un œuf ou un poussin. Les renards eux-aussi parcourent le site à la recherche de quoi se nourrir, n’aimant guère se mouiller les pattes, les colonies n’ont rien à craindre tant que les niveaux d’eau restent hauts. Il n’en va pas de même pour les Gravelots à collier interrompu qui s’installent souvent sur les digues. Ils ne peuvent plus compter que sur leur mimétisme.

La plupart des œufs ont éclos et de nombreux poussins d’avocettes et d’échasses (espèces nidifuges) parcourent les digues et le bord des bassins. Les adultes, pour détourner l’attention, alarment et miment l’oiseau à l’aile blessée, décollant au dernier moment.

Avocette élégante poussin

Avocette élégante poussin

Avocette élégante

Avocette élégante

Au fil de l’été, les poussins grandissent et acquièrent un plumage proche de celui des adultes, mais brunâtre. Les Avocettes ont près de 4 semaines et sont déjà prêtes à l’envol. Elles ne tarderont pas à quitter le site pour de nouveaux horizons.

Le Flamant rose Phonicopterus roseus est probablement la star du site et de nombreux visiteurs ne viennent ici que pour l’admirer. Mais le flamant ne niche pas sur les salins d’Hyères malgré la mise en place d’îlots et la construction de nids artificiels pour les inciter à s’installer. Le seul site de nidification français se situe en Camargue sur l’Etang du Fangassier. Le Flamant rose est un migrateur partiel, c’est-à-dire que toute la population ne quitte pas la France en hiver. Il est donc possible d’en observer toute l’année sur les salins d’Hyères, bien que ses effectifs connaissent d’importantes fluctuations en fonction des saisons. En période de nidification, ils sont bien moins nombreux, les individus ayant rejoint la Camargue. En revanche, à la fin de l’été, période de dispersion des populations, il est possible d’observer les jeunes de l’année venus de Camargue ou d’Espagne. C’est donc durant les mois de septembre et d’octobre que les effectifs atteignent leur maximum sur les Salins d’Hyères.

Flamant rose (Salins d'Hyères)

Flamant rose (Salins d’Hyères)

Les nicheurs quittent petit à petit les salins d’Hyères. Au mois d’août, la migration post-nuptiale a déjà commencé et les nicheurs nordiques ont commencé à redescendre vers leurs quartiers d’hiver : Barges rousses Limosa lapponica, combattants, grands et petits gravelots, un Bécasseau rousset Tryngites subruficollis ou un Chevalier bargette Xenus cinereus en fonction des arrivages. Des Traquets motteux Oenanthe oenanthe décollent aux abords de la piste. Le soir, les hirondelles forment d’importants dortoirs dans les roselières, Hirondelles rustiques Hirundo rustica, Hirondelles de rivage Riparia riparia ou encore Hirondelles de fenêtre Delichon urbicum, se mélangent à la nuit tombée.

Septembre, C’est l’époque où des Balbuzards pêcheurs Pandion haliaetus peuvent stationner quelques jours sur les Vieux Salins, se perchant régulièrement sur le poteau visible depuis la plateforme d’observation à l’extérieur du site.

Novembre, les Balbuzards ont déserté le site. C’est au tour des Grues cendrées Grus grus d’amorcer leur retour vers le Sud. Se posant une nuit dans les Salins, elles profitent des premières heures du jour pour reprendre leur envol. Les journées raccourcissent et les premiers hivernants sont de retour. Le cri  de la Fauvette pitchou Sylvia undata retentit à nouveau dans les salicornes et les Tariers pâtres remplacent les Bergeronnettes printanières. Les Salins d’Hyères se préparent à passer un nouvel hiver.

Grand Gravelot (Hyères, 83)

Grand Gravelot (Hyères, 83)

Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus

Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus

Grand Cormoran, Salins d'Hyères

Grand Cormoran, Salins d’Hyères

Blog : Les Salins d’Hyères
Pour aller plus loin : découvrez nos comptes-rendus de balades dans les salins d’Hyères.

Galeries photos

Pour en savoir plus :

3 commentaires

  • Ce sont les Salins d’Hyères qui m’ont donné goût à l’ornithologie. C’est là que, petite, je me rendais accompagnée de mes parents, pour observer les oiseaux. J’y ai coché le Flamant rose, l’Aigrette garzette, le Grand cormoran … ;o) mais aussi, plus tard, le Bécasseau rousset, le Plongeon imbrin … C’est aussi là que j’ai commencé à prendre des photos. Quand je flânais, armée de mes jumelles sur la route du Sel, j’espérais pouvoir y pénétrer un jour pour y faire des comptages … alors, quand j’ai commencé à participer au suivi avec la LPO, c’est véritablement un rêve d’enfant que je réalisai.

  • Je compte y venir tout ce week-end pour photographier. Juste savoir où aller, et où y a t-il des flamands en cette période ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *