Les Tablas de Daimiel, situées au cœur de la Mancha, constituent l’une des zones humides les plus emblématiques d’Espagne. Ce parc national protège un réseau complexe de marais, lagunes et rivières temporaires. C’est un véritable refuge pour une avifaune diversifiée, particulièrement lors des migrations. Flamants, hérons, canards, râles et limicoles y trouvent des conditions idéales pour se nourrir et se reproduire. Le site joue également un rôle clé pour les amphibiens, poissons et invertébrés, et contribue à réguler les eaux du bassin de la Mancha. Les visiteurs peuvent explorer les marais grâce à des sentiers aménagés et des observatoires ornithologiques. Ils permettent des approches discrètes et respectueuses de la faune. Ceci fait des Tablas de Daimiel une étape incontournable pour les naturalistes et ornithologues en quête de paysages authentiques et de biodiversité méditerranéenne.

Les zones humides autour de Daimiel

1er mars 2014 : 2ème passage à Daimiel de l’année …

Après avoir quitté dans la matinée la sierra Morena dans la brume. Nous voilà en route pour La Mancha et le Parc national des Tablas de Daimiel. Nous reprenons l’autoroute pour Ciudad Real. Sur un autoroute près de Bailen, nous sommes surprises d’observer des Hirondelles de fenêtre déjà au nid.

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Nous sortons à Almuradiel et empruntons les routes secondaires avant de récupérer la voie rapide pour Daimiel. Pas d’obs marquante si ce n’est 1 Busard Saint-Martin type femelle, quelques Cigognes blanches et vanneaux. Nous traversons des paysages agricoles à perte de vue, sous la pluie et un ciel bien sombre ! Nous finissons par arriver aux tablas en fin d’après-midi. L’ambiance est nettement différente de celle de janvier. De nombreux oiseaux s’activent : une centaine de Flamants stationnent sur la zone. Les premiers migrateurs, comme ces échasses se laissent observer.

Plus d’une centaine de Mouettes rieuses ne cessent de crier et de voler en tout sens. Un groupe important de Fuligules milouins se livre à une partie de pêche. Une vingtaine d’Erismature à tête blanche (White headed duck) est présente ce soir. Les mâles ont revêtu leur plumage nuptial et leur bec s’est teinté de bleu. Certains entament leur parade, dressent la queue en gesticulant la tête puis se poursuivent donnant l’impression de courir sur l’eau. Une ambiance géniale !

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Nouvelle matinée au bord de la lagune

2 mars : les éclaircies sont encore rares et le vent violent. Nous sommes réveillées par le chant d’un Courlis cendré qui a eu la bonne idée de courir autour de la voiture au petit matin tandis que les cigognes au loin laissent retentir leur puissant claquement de bec.

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Près de la lagune, les oiseaux commencent à s’animer. Une talève traverse la route devant la voiture. Mais nous ne sommes pas encore prêtes, pas le temps de prendre une photo. Nous faisons demi-tour pour être dans le bon sens pour la lumière et la talève nous donne une deuxième chance en retraversant la route, à nouveau devant la voiture. Cette fois-ci c’est dans la boîte. Peu de lumière mais petite photo d’ambiance … juste pour le souvenir …

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Les érismatures sont un peu moins nombreuses que la veille, et moins actives. La plupart dort, la tête enfouie dans le plumage.

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L’érismature à tête blanche (Oxyura leucocephala)

L’érismature à tête blanche est un canard plongeur rare et discret, emblématique des zones humides méditerranéennes et d’Europe centrale. Cette espèce se distingue par son dimorphisme sexuel très marqué. Le mâle adulte arbore une tête blanche éclatante, un dos brun foncé et un bec bleu vif, tandis que la femelle et les jeunes présentent des teintes plus ternes, brun clair, avec une tête uniformément brune. Compact et trapu, l’érismature est dotée d’une queue rigide et pointue, typique des Oxyurinae. Ses ailes sont courtes, adaptées à un vol rapide mais peu prolongé.

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Cet oiseau plonge régulièrement pour se nourrir, recherchant des invertébrés aquatiques, larves, mollusques et plantes submergées, grâce à sa technique de fouille efficace sous l’eau. Espèce territoriale et prudente, l’érismature choisit des plans d’eau calmes, peu perturbés par l’homme, souvent entourés de végétation dense pour la nidification et la protection des jeunes.

Classée en danger (EN) par l’UICN, l’érismature à tête blanche a vu ses effectifs décliner fortement en raison de la perte et la dégradation des zones humides, la chasse illégale et la pollution de l’eau. En Europe, elle est aujourd’hui concentrée dans des sites protégés comme les lagunes espagnoles, le delta de l’Ebre et certaines zones de France et de Hongrie. Les programmes de conservation reposent sur la protection et la restauration des habitats, le suivi des populations et la lutte contre les menaces anthropiques.

Pour les ornithologues, l’observation de l’érismature à tête blanche nécessite patience et discrétion, souvent depuis des observatoires ou affûts équipés de longues-vues, car l’espèce est très sensible aux perturbations. La période de reproduction, au printemps, et les migrations printanières et automnales sont les moments les plus propices pour tenter d’apercevoir ce canard rare et fascinant.

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Espèces observées sur les deux jours sur les zones humides de Daimiel :
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Erismature à tête blanche (20), Tadorne de Belon (10), Fuligule milouin (40), Canard souchet (100), Canard chipeau (1), Canard colvert, Flamant rose (+100), Echasse blanche (>4), Hirondelle rustique, Pipit farlouse, Chardonneret élégant, Moineau domestique, Moineau friquet, Oie cendrée,  Foulque macroule, Poule d’eau, Aigrette garzette, Grèbe castagneux, Grèbe à cou noir, Talève sultane (1), Bruant des roseaux, Bruant proyer, Mouette rieuse (++), Pouillot véloce (4), Cochevis huppé, Bergeronnette grise, Tarier pâtre (1), Pie bavarde (1), Milan noir (1) la migration commence !!!, Busard des roseaux, Nette rousse (2), Râle (1), Grand cormoran, Héron cendré (1), Mésange charbonnière (2), Bouscarle de Cetti (1), Cigogne blanche, Courlis cendré (1), Tourterelle turque, Corneille noire (1), Choucas des tours, Pinson des arbres, Grèbe huppé (1).

Espèces observées entre Almuradiel et Ciudad Real : Vautour fauve (4), Goéland leucophée, Mouette rieuse, Grèbe huppé (1), Grand cormoran (1), Bruant proyer, Cochevis huppé, Bergeronnette grise, Cigogne blanche, Tarier pâtre, Faucon crécerelle, Vanneau huppé, Busard saint-Martin (1 type femelle), Hirondelle rustique, Pigeon ramier.

Autres espèces aux alentours d’Almagro : Goéland brun (50), Héron gardeboeufs.

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