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Je continue le projet organisé par Ma sur son blog Du côté de chez Ma’.
#projet52dema. Semaine 02 : Début

Le début de la fin ?

Pour illustrer le thème de la semaine, direction le fleuve Zambèze à la frontière entre la Zambie et du Zimbawe pour assister au début d’une nouvelle journée. Assise au bord des falaises, je contemple le lever du soleil sur les chutes Victoria. Le débit était jadis si puissant qu’on les appelait « La fumée qui gronde ». Mais demain, qu’en sera-t-il ? Le soleil se lèvera-t-il encore ? C’est cette question que soulève Hume dans l’Enquête sur l’entendement humain. Si la connaissance du monde s’appuie sur l’expérience que nous en avons, il s’avère qu’aucune impression ne corresponde à l’idée de nécessité. Le philosophe affirme alors que le concept de nécessité ne provient que d’une habitude liée à l’observation de phénomènes réguliers, une conjonction constante. Mais cette régularité n’implique en rien une nécessité réelle. Il en conclut alors qu’il est fort probable que le soleil se lève demain, mais cela n’est pas nécessaire. En revanche, il devient de moins en moins probable que demain le soleil se lève à nouveau sur de puissantes chutes. En 2019, l’Afrique australe connaît une terrible sécheresse et les chutes Victoria connaissent leur plus bas niveau depuis 25 ans. Le président zambien Edgar Lungu s’inquiète du phénomène qu’il attribue au changement climatique. A terme, les chutes pourraient même disparaître. Alors que l’Australie connaît des incendies sans précédents, que l’on peut déjà considérer comme une catastrophe écologique, nous devrions prendre conscience que si nous voulons que le soleil se lève demain, c’est à nous d’agir aujourd’hui.

Nous sommes en effet responsables, et c’est à nous de tout faire pour préserver la nature pour elle-même et les générations à venir. Descartes affirmait que l’homme doit se « rendre comme maître et possesseur de la nature », pensant que cette maîtrise ne pourrait jamais être totale. Mais aujourd’hui les rôles se sont inversés, de toute puissante, la nature s’est manifestée dans sa fragilité. Elle est devenue dépendante de l’activité humaine. Mais ce nouveau pouvoir dont s’est vu doté l’homme n’est pas sans conséquence. Ce pouvoir sur a engendré un devoir envers comme le soutient Hans Jonas dans son ouvrage Principe de Responsabilité. Il écrit par ailleurs : « La planète est surpeuplée, nous nous sommes trop étendus, nous avons pénétré trop profondément l’ordre des choses. Nous avons par trop bouleversé l’équilibre, et d’ores et déjà condamné à l’extinction trop d’espèces. La technique et les sciences de la nature nous ont fait passer de l’état de sujets dominés par la nature à celui de maîtres de la nature. C’est cette situation qui m’a incité à dresser un bilan philosophique et à poser la question suivante : compte tenu de sa nature morale, l’homme a-t-il le droit de tolérer un tel état de choses ? Ne sommes-nous pas désormais appelés à une sorte d’obligation radicalement nouvelle, à quelque chose qui n’existait pas autrefois, à savoir, assumer notre responsabilité à l’égard des générations à venir et de l’état de la nature sur terre ?  » (Une éthique pour la nature).

Je conclurai cet article sur l’impératif qu’il formule de façon kantienne dans Le principe de responsabilité : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre ». L’aube est aussi une promesse, celle de tous les possibles.

Lectures

  • Hume, Enquête sur l’entendement humain
  • Hans Jonas, Principe de responsabilité
  • Hans Jonas, Une éthique pour la nature

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12 Replies to “Début”

  1. La photo est superbe. Malheureusement l’homme a détruit beaucoup et continuera à le faire même si les prises de conscience
    sont bien présentes. Essayons de limiter le désastre avec des petites actions quotidiennes . Les enjeux économiques sont tellement
    énormes qu’il ne faut pas compter sur les politiques et les grands groupes industrielles pour aider les scientifiques, même si le contraire est dit.
    Bonne journée et bon week-end

  2. La photo est magnifique, la réalité sur le réchauffement climatique moins mais les dirigeants ne voient pas l’urgence. Seul l’argent et le court terme compte pour eux. Je ne comprends même pas comment ils font pour avoir des enfants et continuer à se regarder dans une glace.

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