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Après deux ans de vie aux antipodes, le retour parmi les siens apparaît comme une espèce de point de mire. La vie en brousse est exaltante avec son lot d’épreuves et de surprises, elle m’a exactement offert ce que j’espérais. Mais elle est parfois bien rude et penser au retour qui s’approche peut parfois être rassurant. Tout départ lointain nous transforme et nous fait voir les choses de façon différente. Les retrouvailles sont à la fois attendues et redoutées : Ceux avec qui vous partagiez autrefois votre quotidien ont continué à mener leur vie sans vous et de notre côté nous vivons une expérience radicalement différente.

Peut-on tout dire ?

Évoluant dans des mondes différents la communication semble difficile. Comment partager ce que nous avons vécu ? Ceux qui sont restés ont-il nécessairement envie d’écouter vos récits de voyage qu’ils ont parfois déjà suivis sur le net ? Le problème est donc double : d’une part technique et d’autre par éthique. Difficile d’expliquer l’expérience de l’expatriation et d’un mode de vie si différent. J’avais déjà éprouvé cette difficulté en expliquant la vie en brousse aux expatriés de Nouméa pour qui la vie en Calédonie rime avec soirées sur les baies et week-end îlot. J’avoue avoir parfois été un peu découragée par des « c’est comme … » complètement à côté. Certaines expériences ne sont pas réductibles à des comparaisons mais il faut reconnaître la bonne volonté de ceux qui tentent de comprendre ! Au delà de cette difficulté technique, il est également délicat de savoir quoi raconter à qui : raconter les moments difficiles alors qu’on s’imagine que l’on mène une vie de rêve où l’on est tout le temps en vacances (forcément on ne poste que les moments qui sortent du quotidien et qui sont sympas) ne passe pas toujours. La plainte ne peut parfois être entendue. Mais l’on ne peut non plus étaler tous les moments magiques forcément nombreux en deux ans de vie dans le Pacifique. Entre la complainte et l’étalage de bonheur, pas toujours facile de trouver le juste milieu. Au final, je pense qu’il n’est pas toujours nécessaire de parler. Ce n’est pas tant l’histoire que les proches attendent que la présence. Il faut donc apprendre à garder l’expérience pour soi et peut-être la partager avec ceux qui veulent et sont prêts à écouter. C’est ça que ce passage en métropole m’a appris : il faut parfois apprendre à se taire pour laisser place à la présence. On ne peut donc tout dire, et pas à tout le monde. L’avantage d’un blog c’est que lit qui veut écouter !

Ce qui se montre ne se dit pas

Wittgenstein

Le temps est-il en nous ou hors de nous ?

L’expatriation est aussi une expérience du caractère subjectif de la temporalité. 2 ans, c’est long, et parfois la vie en brousse semble s’étirer indéfiniment. Pourtant, les pieds à peine posés à l’aéroport de Marseille, j’ai eu la sensation de ne jamais être partie, comme si tout ce que j’avais vécu de l’autre côté avait perdu toute substance, comme un rêve qui s’évapore au réveil et dont certaines images vous reviennent par intermittence. 2 vies différentes en une, l’esprit a du mal à jeter un pont au-dessus de cet abîme à la fois spatial et temporel. Parfois l’une des vies fait irruption dans le présent, réminiscence d’un temps qui semble lointain mais qui n’est pourtant pas révolu : je reçois des photos de chez moi à Koné alors que je fais une randonnée sur les crêtes de la Sainte-Baume. L’espace d’un instant je me rappelle que mon passage en métropole n’est que temporaire et que ce n’est plus là que je vis. L’esprit se replonge très facilement dans son quotidien et sa zone de confort à tel point que le départ est à nouveau vécu comme un arrachement, pas plus facile que le premier, plus difficile encore je pense.

3 semaines en France, elles sont passées extrêmement vite. Me voilà à nouveau en route pour de nouvelles aventures, rechargée d’énergie positive !

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2 Replies to “Voyage en métropole”

  1. Quant à raconter ce qu’on a vécu, ça de distille au compte-gouttes au fil du temps, en fonction des conversations et des personnes. Une anecdote par ci par là. C’est comme une base de données des souvenirs dans laquelle on pioche en fonction des circonstances.

    1. Merci pour ton commentaire max. Tu as raison, mais je pense que je m’en rendrai plus compte quand ça sera un peu plus derrière. Pour l’instant j’arrive pas à l’assimiler moi même !

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